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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 19:54




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ourra-t-on bientôt diagnostiquer de manière fiable l'existence d'une maladie d'Alzheimer plusieurs années avant l'émergence des premiers symptômes cliniques ? Une équipe française, dirigée par Hélène Amieva et le docteur Jean- François Dartigues (unité 897 de l'Inserm, département de neurologie, CHU de Bordeaux), apporte des éléments qui plaident en ce sens. Leurs résultats ont été rendus publics, mardi 9 décembre, sur le site de la revue spécialisée Annals of Neurology.

Ces données s'inscrivent dans le cadre des recherches menées depuis la fin des années 1980 via la cohorte Paquid (une contraction de "personnes âgées ; quid ?"). Ce sigle désigne une étude épidémiologique originale dont l'objectif est d'étudier les différentes facettes du vieillissement après 65 ans. L'idée des chercheurs est de faire la part entre les évolutions pouvant être considérées comme normales et celles perçues comme pathologiques. L'étude vise à donner les moyens d'identifier au plus tôt les personnes à haut risque de détérioration physique ou intellectuelle chez lesquelles une action préventive pourrait être mise en oeuvre.

Pour atteindre ces objectifs, une cohorte de 4 134 personnes âgées volontaires vivant dans les départements de la Gironde et de la Dordogne a été consituée. Elle fait l'objet d'une surveillance médicale étroite depuis vingt ans.

Cette étude a ainsi été l'un des premiers travaux européens qui ont permis d'estimer l'incidence de la perte d'autonomie pour des raisons neurologiques à partir d'un échantillon de la population générale. Les résultats du travail publié dans Annals of Neurology porte sur 3 777 personnes qui ont pu être suivies sur une période de quatorze ans. Parmi elles, 350 ont été atteintes par la maladie d'Alzheimer. Les médecins et chercheurs bordelais ont comparé un ensemble de données dont ils disposaient à celles provenant de 350 autres non atteintes et issues du même échantillon de départ.

 

SANS LE RECOURS À L'IMAGERIE

 

En pratique, l'équipe a, de manière prospective, procédé durant quatorze ans à une série de tests d'évaluation des performances cognitives, psychologiques et fonctionnelles. Les résultats ont ensuite été passés au crible de la machinerie statistique. Conclusion : les premiers stigmates psychologiques et intellectuels pourraient être repérés à partir de ces tests entre dix et douze ans avant que le diagnostic de maladie d'Alzheimer soit officiellement posé.

Toujours selon les auteurs de ce travail, les premiers signes avant-coureurs n'ont pas besoin des nouvelles techniques de l'imagerie des structures et des fonctions cérébrales pour être identifiés.

Ces résultats viennent quelque peu compliquer la donne médicale et scientifique dans la mesure où ils font suite à ceux, publiés il y a dix-huit mois, d'une équipe internationale de spécialistes en neurologie. Cette publication plaidait aussi en faveur d'une redéfinition des critères permettant de poser, de la manière la plus précoce possible, le diagnostic de la maladie d'Alzheimer (Le Monde du 10 juillet 2007). Ce travail était coordonné par le professeur Bruno Dubois (Inserm, groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris).

Les auteurs expliquaient alors être en mesure de proposer une nouvelle grille diagnostique fondée notamment sur une corrélation établie entre la neuro-imagerie cérébrale identifiant précocement les altérations de zones cérébrales spécifiques et les premiers épisodes de perte de mémoire. Le diagnostic peut, selon eux, être porté quand un critère majeur (troubles de mémoire observés par la personne ou ses proches depuis plus de six mois ; confirmation de la nature de ces troubles par des tests spécifiques) est associé à certaines anomalies concernant de critères neuroradiologiques ou biologiques.

En toute hypothèse, les tentatives visant à un diagnostic précoce de cette maladie neurodégénérative, de plus en plus fréquente dans les pays industriels, se heurtent à l'absence de thérapie préventive ou médicamenteuse ayant fait la preuve d'une véritable efficacité.

Dans le meilleur des cas, ces avancées diagnostiques, parce qu'elles ne pourront qu'aider à l'évaluation de futurs traitements, soulèveront immanquablement de nouvelles questions éthiques.

 



Jean-Yves Nau
http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/12/17/alzheimer-les-premiers-signes-de-la-maladie-seraient-reperables-au-moins-dix-ans-avant-le-diagnostic_1132145_3244.html#ens_id=1132249

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Published by Perceval - dans Médecine
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