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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 18:00

L’hybristophilie est un intérêt érotique intense, incoercible pour des partenaires sexuels ayant commis des crimes (viol, vol, meurtre…). Bonnie Parker - l'amie de Clyde Barrow - était sûrement hybristophile.


 

Benderson



L'hybristophile (du grec hybrizein, «commettre un outrage contre quelqu'un» et de phile, «qui aime») recherche de préférence des partenaires hors la loi au sens juridique et moral du terme. Sous sa forme la plus courante, cette attirance pour les outsiders n’a rien de dangereux.


C’est le fantasme du voyou. A l’école, les filles semblent souvent plus excitées par le garçon un peu marginal de la classe, que par le fort-en-thème gentil, propret, et finalement très ennuyeux avec sa raie sur le côté… Il y a comme un réflexe naturel dans cette attirance pour le mal, parce que le mal est synonyme d’aventure et qu’il ouvre des perspectives sur d’excitantes, troublantes découvertes.

Aux Etats-Unis, on parle d’ailleurs de «scelerophilie» pour désigner l’attraction sexuelle exercée par les mauvais garçons et les filles peu recommandables. Les blondes platine qui font mauvais genre ou les brunes ténébreuses aux airs de vamps fatales semblent finalement bien plus séduisantes que les sages jeunes filles de bonne famille. Dans la communauté gay, les racailles ont aussi pas mal de succès, avec leur look délinquant de banlieue. Et que dire des skins – à l’air si «méchant» – avec leurs Doc Martens lacées de blanc (white power), leur crâne rasé et leurs tatouages : il faut avoir une «sale gueule» dans ce jeu de rôle qui renverse les valeurs morales. Il faut ressembler à une petite frappe, pour plaire.


Rien de plus banal que cette fascination exercée par les individus louches, symboles du désordre, donc de la liberté. Il existe cependant des personnes suffisamment déséquilibrées pour ne pas se contenter de l’imaginaire : elles ne sont sexuellement attirées que par les criminels rééls, comme ces visiteuses de prison qui harcèlent les célèbres tueurs de messages d’amour.


En prison, le sinistre Landru, assassin de dix femmes, reçoit plus de 4000 lettres enflammées, dont 800 demandes en mariage. Aux USA, les serial-killers reçoivent également un abondant fan-mail et certains finissent par nouer avec leurs admiratrices d’authentiques histoires d’amour épistolaires qui finissent… en mariage. Les groupies de Charles Manson sont des cas répertoriés d’hybristophilie, de même que  tous ces amoureux complices qui commettent des assassinats, en couple, comme les fameux «tueurs de la lune de miel»…


C’était le cas de Paul et Karla Homolka, surnommés «Ken et Barbie» parce qu'ils étaient jeunes, beaux, blonds… et superficiels. Paul voulait des esclaves sexuelles à violer, elle les lui fournissait sur un plateau «par amour». Ce couple de Canadiens, marié, bien sous tout rapport, a violé au moins 20 femmes, et assassiné 3 adolescentes, dont la propre soeur de Karla entre 1987 et 1990.


Pour expliquer le comportement de Karla, certains ont avancé qu'elle était excitée par la menace qu'elle ressentait avec Paul. A son sujet, on a parlé d’«autoassasssinophilie»  (fait de s’exciter sexuellement en s’imaginant être la victime d’un meurtre). Est-ce le cas de ces autres femmes,  qui fréquentent les serial killers et finissent parfois par les épouser ?



QUELQUES CAS DE DE FEMMES HYBRISTOPHILES

- 1974 : le tueur en série allemand Jurgen Bartsch épouse l’infirmière, Gisela, qui s’occupait de lui.

- 3 octobre 1996 : la tueuse Doreen Lioy épouse son voisin dans le couloir de la mort Richard Ramirez dans la prison de San Quentin, où ils doivent tous les deux mourir. Mais ils se voient refuser les «visites conjugales» : leur mariage restera non-consommé.

- 31 janvier 1997 : Lyle Menendez (qui avait tué ses riches papa et maman, avec la complicité de son frère Erik) épouse Anna Eriksson, avec qui il échangeait des lettres depuis des années. La cérémonie a lieu par téléphone. Ils divorcent un an plus tard quand Anna découvre le pot aux roses : Lyle la trompe ! (Il échange des lettres avec d'autres femmes).

- 16 juin 1999 : Erik Menendez (le frère de Lyle !) épouse Tammi Ruth Saccoman à la prison de l’état de Californie, lors d’une cérémonie qui se déroule par téléphone interposé dans la salle de visite.

- 21 novembre 2003 : Lyle Menendez (encore lui) épouse Rebecca Sneed à la prison de Mule Creek State, en Californie. Aux dernières nouvelles, ils sont toujours ensemble… enfin, des deux côtés des barreaux.

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Published by Perceval - dans SEXO
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commentaires

Deguisement 15/04/2011 11:30


Le titre de cet article est lourd de sens. Effectivement, jamais les gouvernements abordent l'approche sexuelle de la délinquance quand ils cherchent des plans d'action. Un voyou, à la base, commet
ses premiers délits pour se faire remarquer au sein d'un type de groupe social...il y a donc une approche de séduction narcissique...


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«En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être.»

«Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin.»

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