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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 16:10

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“Il n’y a pas d’interdits au Japon en matière de sexualité. Les clercs n’ont jamais stigmatisé la notion de plaisir en tant que tel ni tenté de museler les pulsions par prescriptions et menaces institutionnelles.”


Cette liberté, mixée avec une culture ancienne et insulaire, fait de la sexualité japonaise un sujet de fascination d’autant plus que les mangas ont permis sa diffusion auprès de millions de jeunes Français. Réinterprétée, souvent mal comprise, cette érotique japonaise fait maintenant partie de la nôtre. Mode ou lame de fond : il est trop tôt pour juger. Mais cette influence majeure, qui n’a pas fini de faire trembler nos fantasmes, il est temps de la connaître un peu mieux. Pari rempli avec le tout neuf Dictionnaire de l’amour et du plaisir au Japon, d’Agnès Giard.


Il y a des bouquins comme ça, qui font perdre la tête. On ouvre une page au hasard et on se “réveille” trois heures plus tard avec l’envie d’en parler à tout le monde. On pousse des “ah” et des “oh”, ce qui est toujours bon signe pour un livre traitant de la sexualité :)


Ce Dictionnaire de l’amour et du plaisir au Japon a beaucoup de raisons de séduire. Déjà, c’est un dictionnaire thématique - pas question de se taper un exercice chronologique fastidieux, ou de respecter l’ordre alphabétique. On y aborde le corps, les relations, les pratiques autant que l’imaginaire. Tout ça en picorant, chaque question en appelant une autre. Du coup on se promène. La mise en page est aérée mais le propos est dense : 124 thèmes en balade sur 350 pages bourrées d’illustrations bien choisies. Pour peu qu’on soit un minimum curieuse, c’est vraiment le bouquin qu’il faut demander à Noël.


Et puis il y a le plaisir anticipé de briller en société… Si ma mémoire n’était pas une grosse passoire (car je me connais, j’aurai oublié demain), je pourrais maintenant expliquer à mes amis que mon vagin possède 48 plis, mon anus 16 (en hommage aux chrysanthèmes), ou que le sperme a l’odeur des feuilles de marronniers. Je pourrais raconter d’où vient cette tolérance pour la représentation de la pédophilie, je pourrais étaler ma science sur ce qu’on peut demander comme pratiques bizarres dans un bordel tokyoïte, et je pourrais dire pourquoi les femmes mordent dans des mouchoirs sur les estampes classiques.


Mais la meilleure partie de cet excellent bouquin, c’est encore celle qu’on écrit dans sa tête. L’auteure a la gentillesse de nous laisser comparer nous-mêmes les abîmes qui séparent la mentalité japonaise de la nôtre (et bien souvent, l’abîme entre ce qu’on croyait savoir et la réalité). L’apport de faits et d’anecdotes est dans les pages, l’analyse et les conclusions n’appartiennent qu’aux lecteurs.


On peut sourire en lisant que les vieilles croyances japonaises exigent d’une femme qu’elle soit physiquement épuisée pour être bien lubrifiée, et que certains maris envoyaient leur épouse visiter six temples bouddhistes en une seule journée pour les préparer à l’amour…



©LadiesRoom

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Published by Perceval Le Gallois - dans Bouquin
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commentaires

Pas de crise pour le père noêl..!!!!! 05/12/2009 17:21


Un tres bon article.....
Bravo.....

Lorent....


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«En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être.»

«Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin.»

«La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur.»
[ Carl Gustav Jung ]