Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:47

luxure

Il vit qu'on s'apprêtait à lapider la femme adultère. D'un geste, il arrêta la foule et dit: «Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre!» Du sein de la multitude, un gros caillou surgit alors et atteignit dans l'oeil la pauvre femme. Exaspéré, il reconnut celle qui, facétieuse, venait d'exécuter son ordre et il dit, en soupirant «Maman!»¿ Elle en avait bien le droit, non?

Cette parabole relatée par Luc et Jean, et transformée par la plèbe en mauvaise blague, illustre le danger qui nous guette tous: celui de la luxure. Le catéchisme catholique la définit comme le péché capital qui consiste à rechercher des plaisirs sexuels en dehors de la loi de Dieu: sauf dans le but de procréer, point de relations sexuelles permises.

Que dire quand deux garçons s'envoient en l'air? Alors là, papa Dieu, il est pas content du tout. Idem pour deux filles ensemble, ou une femme ménopausée avec son mari légitime (tant qu'à faire). Haro sur la libido!

L'instinct primitif de la sexualité

Pourquoi la religion s'acharne-t-elle contre l'instinct primitif de la sexualité? Les bêtes et les plantes qui libèrent leur semence, qui recherchent leur partenaire sexuel et qui s'accouplent, ont-elles toutes la conscience d'obéir à l'ordre sacré de la perpétuation de leur espèce? La séduction, la sensualité, leplaisir sexuel, ne sont-ils pas des cadeaux dont il faut remercier la Providence au lieu de les repousser comme du poison?


Écoutons ce que le Vatican dit à propos de la chasteté:

«La personne chaste maintient l'intégrité des forces de vie et d'amour déposées en elle. Cette intégrité assure l'unité de la personne, elle s'oppose à tout comportement qui la blesserait. Elle ne tolère ni la double vie ni le double langage.»


Ou encore: «La chasteté comporte un apprentissage de la maîtrise de soi, qui est une pédagogie de la liberté humaine. L'alternative est claire: ou l'homme commande à ses passions et obtient la paix, ou il se laisse asservir par elles et devient malheureux.»


Pourquoi pas? Je ne trouve rien à dénoncer dans ces affirmations raisonnables. À écouter ces raisonnements, on peut penser que si l'animal humain, un des seuls à se reproduire en toute saison, ne se faisait pas la violence de dominer ses instincts, il serait toujours en train de sauter sur tout ce qui bouge. Personne ne le souhaite.

Quand l'hypocrisie trahit le bon sens

Mais, poussée par le dogme, cette petite prescription hygiéniste et pleine de bon sens va assez loin dans la tradition catholique. On a exalté la virginité supposée de Marie, la mère de Jésus, ce qui donne à penser que toutes les autres mères sont «souillées par le péché». De Concile en décret papal, les autorités catholiques ont fini par exiger le célibat des prêtres, ce qui est tout aussi déraisonnable, parce qu'irréaliste, que le viol à répétition de son prochain.


Conséquence prévisible, ce dogme a engendré bien des abus sexuels qu'on n'a pas fini de dénoncer et des dissimulations qui bouchent toutes les anfractuosités de l'édifice catholique. Tous les épisodes de jeunes gens abusés par des membres du clergé feront longtemps encore la honte du Vatican.

La révolution sexuelle

Après la Deuxième Guerre Mondiale, perçue par la génération qui lui a succédé comme l'échec des valeurs occidentales, les jeunes ont fait de la luxure un mode de vie, en réaction contre l'hypocrisie qui faisait du plaisir sexuel un péché. Deux percées scientifiques ont contribué à la révolution sexuelle qui s'est alors déclarée: les antibiotiques, qui avaient aisément raison de lasyphilis, et la pilule contraceptive, qui prévenait les grossesses indésirables. On pouvait désormais faire l'amour impunément!


Click here to find out more!

La révolution sexuelle a été concomitante d'une autre révolution, amorcée sans doute cent ans plus tôt: la révolution féministe. La pilule, ainsi que la légalisation de l'avortement, faisaient triompher cette révolution: la femme n'était plus seulement une matrice de la reproduction. Elle pouvait prendre son plaisir quand elle le voulait, et décider de se reproduire quand elle le voulait.


Pauvre Vatican. Il ne savait plus où donner de la tête. La morale chrétienne était assaillie de toutes parts. Les églises se vidaient et les prêtres perdaient partout leur influence. Malgré Jean XXIII, malgré l'entrée des langues vulgaires dans les églises, malgré les fameuses messes à gogo où les cantiques prenaient des rythmes yéyé, le mal était fait. Dieu est mort, tout le monde tout nu!

Homosexuels punis!

La politique et la religion se sont toujours soutenues mutuellement pour assurer leurs hégémonies respectives jusqu'à que ce le peuple, en Occident, réclame la séparation des pouvoirs.


Le rapport avec les fesses de mon prochain? L'homosexualité! Quand cette tendance a été décriminalisée, l'église avait perdu son dernier bastion, et un politicien canadien, Pierre Trudeau, a eu cette jolie phrase, la plus belle de sa longue carrière: «L¿État n'a rien à faire dans une chambre à coucher.»


Click here to find out more!

L'homosexualité n'était plus un crime, ni une maladie.

Quand, une dizaine d'années après ces amendements raisonnables, le sida est apparu avec son apparente prédilection pour les victimes homosexuelles, les bigots s'en sont donnés à coeur joie: la «peste gaie» ne faisait que punir les pécheurs.


Paradoxalement, le drame du sida qui aurait pu repousser les homosexuels dans la noirceur de l'ostracisme, a énormément contribué à les «banaliser» et à les faire accepter dans la société. On le doit au lobby intelligent des leaders de la communauté gaie qui se sont battus pour que l'État participe à la lutte contre le sida. Quelques pays, dont le Canada, confèrent même un statut légal au mariage entre homosexuels.

La femme comme objet sexuel

En revanche, la sexualisation à outrance du commerce destiné aux adolescents a pris infiniment de place dans le paysage audiovisuel. La culture hip-hop et les «rappers», entre autres, font reculer les progrès féministes: la femme, dans l'imagerie des ados, redevient un objet sexuel, façonné pour le seul plaisir du mâle. Les ados ont l'air de trouver ça normal, et beaucoup s'en inquiètent.

La révolution sexuelle, qui avait été freinée par l'explosion du sida, s'est rabattue, avec l'aide des technologies, dans le monde imaginaire. L'Internet cochon offre d'infinies sources de savoir et de découverte pour les jeunes qui se retrouvent seuls à la maison. Il est loin le temps où les pensionnaires des séminaires se masturbaient sur les pages du National Geographic, quand y apparaissaient les seins d'une habitante de la forêt vierge! Internet, avec ses pages pornographiques, est un peu plus explicite.

La société doit-elle réfréner la concupiscence?

La société d'aujourd'hui est pragmatique et les symboles ont la vie dure. On ne parle plus de péchés comme des offenses à Dieu, mais plutôt de pratiques déviantes dont on veut diminuer le coût pour la collectivité. Les campagnes de prévention du sida et des maladies transmises sexuellement (MTS) n'ont que ce but: diminuer les coûts de la santé. Quand on aura assez économisé sur les antibiotiques et les frais d'hospitalisation, peut-être pourra-t-on alors rénover quelques églises. Ou pourquoi pas: en bâtir de nouvelles?


La société doit donc réprimer la concupiscence, si celle-ci mène à une recrudescence de MTS.

En même temps, le cul fait vendre.S'il rapporte plus que ne coûtent les MTS, et si l'État est satisfait des revenus qu'il en tire, alors la luxure ne sera plus un péché.






©servicevie.com



Partager cet article

Repost 0
Published by Perceval Le Gallois - dans Religion
commenter cet article

commentaires

Rechercher



«En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être.»

«Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin.»

«La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur.»
[ Carl Gustav Jung ]