Les maladies vulvaires sont assez courantes, environ 15 % des patientes qui consultent un gynécologue en souffrent. On entend par vulve les parties visibles des organes génitaux féminins externes, dont le clitoris, les lèvres vaginales et l’entrée du vagin. Bon nombre de maladies différentes peuvent affecter la vulve, comme les infections, les conditions cutanées, le cancer et la douleur chronique.

Bon nombre de ces maladies présentent des symptômes faciles à diagnostiquer et à prendre en charge pour les professionnels de la santé. Un certain nombre d’entre elles pourraient ne pas présenter de symptômes visibles, rendant ainsi la détection difficile même pour un médecin chevronné. La douleur vulvaire appelée vulvodynie figure dans la littérature médicale depuis les années 1980, bien que bon nombre de médecins puissent ne jamais en avoir entendu parler. C’est pourquoi une femme qui souffre d’inconfort chronique à long terme dans la région vulvaire pourrait avoir à trouver un professionnel de la santé familier avec ces maladies pour s’assurer de recevoir un diagnostic approprié.

Quel type d’infections peut affecter la vulve?

La plupart des femmes ont déjà eu une infection aux levures. Les symptômes sont habituellement des rougeurs, des enflures et des démangeaisons. Cette condition peut être associée à une perte épaisse qui ressemble à du fromage cottage. Cependant, il est inhabituel d’avoir plus de trois infections aux levures par année. Si vous souffrez de démangeaisons vulvaires constantes, vous devriez consulter un médecin pour subir un examen. Il est fort probable que vous ayez une condition cutanée. Au nombre des autres infections courantes affectant la région vulvaire, on note les infections à l’herpès et l’eczéma marginé.

Quel type de conditions cutanées peut affecter la vulve?

Toute condition cutanée qui affecte la peau d’autres parties du corps peut également se manifester sur la vulve. Parmi celles-ci, on note l’eczéma, le psoriasis, le lichen scléreux, le lichen plan, et le lichen simplex.  Il est souvent difficile de diagnostiquer des conditions cutanées particulières, puisque bon nombre d’entre elles présentent les mêmes symptômes. Souvent, une biopsie cutanée peut être nécessaire pour en arriver à un diagnostic approprié.

Une des conditions cutanées la plus courante est la dermatite de contact irritant. Cette condition résulte d’une exposition à certains types d’agents irritants qui causent une inflammation cutanée, soit des rougeurs, des enflures et des démangeaisons. Les agents irritants courants comprennent le savon, les protège-dessous synthétiques et les assouplisseurs.


Les bonnes pratiques suivantes en matière de soins cutanés peuvent favoriser la guérison de la peau :

  • Évitez le savon. Tout savon peut assécher la peau. Envisagez de ne rincer qu’à l’eau ou de plutôt utiliser un nettoyant pour la peau.
  • Ne portez pas de protège-dessous synthétiques à tous les jours. Si vos symptômes s’aggravent à la suite de vos règles, envisagez de porter des tampons ou une coupe menstruelle. Des serviettes sanitaires et des protège-dessous 100 % coton non blanchi sont disponibles sur le marché.
  • N’utilisez pas de produits chimiques forts comme des savons antibiotiques, du vinaigre et du Lysol pour nettoyer la peau. Aucun produit ne fera disparaître les symptômes.
  • Hydratez votre peau après le bain ou une douche avec des hydratants non parfumés en vente libre et approuvés par un dermatologue.

La vulvodynie

Qu’est-ce que la vulvodynie?

La vulvodynie est définie comme étant un inconfort vulvaire qui se produit pendant plus de six mois. Les femmes peuvent ressentir une intense sensation de brûlure, une sensation d’avoir la vulve « râpée »,  des douleurs aigue et de la sensibilité pouvant affecter toute partie de la vulve. L’inconfort peut gêner leur capacité de s’asseoir, de porter des vêtements, de marcher et d’être actives sur le plan sexuel. En fait, les relations sexuelles peuvent causer des douleurs agonisantes.


Pendant un examen médical, les symptômes se font rares, lorsqu’ils sont présents. Après avoir consulté bien des médecins différents dans une tentative désespérée de détecter ce qui ne va pas, certaines femmes croient que tout est dans leur tête, ce qui n’est pas le cas. Pendant des siècles, la douleur non diagnostiquée dans la région vulvaire était perçue par les médecins comme étant une question psycho-sexuelle et on orientait souvent les femmes vers des thérapeutes sexuels. La recherche moderne nous indique que la douleur est bien réelle. Il est important de trouver un médecin compréhensif qui est au courant des conditions vulvaires.


Différents types de douleurs affectent la vulve. Les deux types les plus courants sont :

un syndrome des brûlures vulvaires ou la vulvodynie dysesthésique

Le syndrome des brûlures vulvaires est plus courant chez les femmes périménopausées ou postménopausées. Les femmes souffrent d’inconfort constant, habituellement une sensation de brûlure, qui est ressentie dans toute la région vulvaire, plutôt qu’à des endroits particuliers.  La vulvodynie dysesthésique peut être accompagnée de douleur urétrale ou rectale.

la vestibulodynie vulvaire (anciennement connue sous le nom de syndrome de la vestibulite vulvaire)

La vestibulodynie vulvaire se caractérise par une douleur au toucher du vestibule, l’entrée du vagin, qui n’est perçue que lorsque les lèvres sont séparées. Cette douleur est habituellement associée à une pression qui rend le port de vêtements serrés, la position assise ou les randonnées à vélo inconfortables. Il peut être douloureux ou impossible d’avoir des relations sexuelles et l’insertion de tampons peut causer une douleur intense. Les femmes peuvent également ressentir une sensation de brûlure, une douleur cuisante, de la rougeur ou un besoin fréquent ou soudain d’uriner, qui peuvent davantage irriter la vulve. 

Comment diagnostiquer une vulvodynie? 

Un diagnostic de vulvodynie veut dire qu’on a éliminé toutes les autres causes possibles de douleur. Malheureusement, ce ne sont pas tous les médecins qui sont familiers avec cette condition et vous pourriez devoir consulter plus d’un médecin avant d’obtenir un diagnostic.


Le médecin prendra note de vos antécédents médicaux et se penchera sur votre douleur. Il vous demandera de décrire la douleur, où elle se manifeste et si elle irradie. Il voudra savoir si quoi que ce soit atténue la douleur ou l’aggrave. Il pourrait être utile de consigner par écrit la douleur dans un journal les jours précédents votre rendez-vous de façon à pouvoir répondre aux questions du médecin le plus précisément possible.

Votre médecin effectuera un examen pelvien pendant lequel il examinera la vulve et le vagin. Il cherchera des signes visibles d’une infection ou d’une condition cutanée. Puis, il touchera différentes zones de la vulve au moyen d’un coton-tige pour tenter de déterminer les zones douloureuses.


S’il est manifeste que la peau de vulve a changé d’apparence, le médecin peut recommander le prélèvement de tissus, soit une biopsie cutanée. Si la peau semble normale, il n’y a pas de raison de subir une biopsie cutanée. Si vous subissez une biopsie, on vous administrera un antidouleur topique ou un agent anesthésique pour engourdir votre peau. Le médecin prélèvera une minuscule partie de la peau touchée (4 à 5 mm) et pourrait avoir à faire un point de suture par la suite. Tout devrait être guéri en deux semaines. Le processus en entier ne devrait pas être trop inconfortable.

Qu’est-ce qui cause la vulvodynie?

La cause exacte de la vulvodynie est inconnue. La recherche démontre qu’une des conditions suivantes pourraient causer la vulvodynie ou y contribuer :

  • infections aux levures chroniques,
  • spasme des muscles du plancher pelvien,
  • irritation des nerfs de la peau, et
  • prédisposition génétique.

Comment traite-t-on la vulvodynie?

Il n’existe pas de remède unique contre la vulvodynie, mais les options en matière de traitement sont nombreuses selon les symptômes. Vous pourriez devoir subir plusieurs types de traitement avant de trouver celui qui vous convient. Si des effets indésirables se manifestent, consultez votre médecin avant d’abandonner le traitement. Trouver le traitement, ou une combinaison de traitements, qui vous convient pourrait prendre de la patience et plusieurs essais.

Traitements contre la vulvodynie :

  • Les médicaments topiques comme la xylocaïne ou une crème à l’œstrogène peuvent être appliquées sur la zone qui cause la douleur.
  • Les médicaments pris par voie orale comme les antidépresseurs ou les anticonvulsifs sont des adjuvants de la douleur utiles pour réduire la douleur chronique.
  • La physiothérapie du plancher pelvien et la rétroaction biologique comprennent des exercices qui peuvent vous aider à prendre en charge la douleur et à la soulager. La physiothérapie réduit la tension accrue dans les muscles du plancher pelvien et soulage tout spasme musculaire associé.
  • La chirurgie peut être utile pour les femmes souffrant de vestibulodynie. La chirurgie a pour but d’exciser la peau à l’entrée du vagin.
  • Le counseling devrait accompagner toute forme de traitement. Surmonter la douleur chronique n’est pas facile. La douleur associée aux activités sexuelles affecte naturellement la façon dont une femme se sent sur le plan sexuel. Les femmes se sentent souvent embarrassées, frustrées et déprimées. La dépression peut sembler aggraver la douleur. Les femmes perdent souvent intérêt envers les activités sexuelles et ont de la difficulté à devenir excitées sexuellement. Naturellement, certaines éviteront la douleur en ayant des relations sexuelles rarement ou pas du tout. Dans les relations, cela peut avoir pour effet une perte d’intimité sexuelle entre la femme et son partenaire. Il est important pour les femmes d’être ouvertes et honnêtes envers leur partenaire au sujet de la douleur qu’elles ressentent. La sexualité devrait être une activité agréable, et non douloureuse.

Pratiquez un auto-examen vulvaire

Certaines femmes n’ont jamais examiné de près leurs propres organes génitaux. Le meilleur moyen de maintenir votre santé vulvaire est de pratiquer des auto-examens. Les médecins recommandent aux femmes âgées de plus de 18 ans, ou aux femmes actives sur le plan sexuel, de pratiquer des auto-examens de la vulve régulièrement. C’est le meilleur moyen de détecter tout type d’infection ou de trouble et, plus vous le faites tôt, plus les possibilités de guérison sont élevées.


La période idéale pour pratiquer un auto-examen de la vulve est entre les règles, tous les mois. Vous chercherez à détecter tout élément anormal, comme des changements de couleur (foncé, blanchâtre, rougeâtre), des bosses, des vésicules, des lésions, des ulcères et des verrues. Les symptômes à surveiller sont l’enflure, la sensibilité, l’irritation ou la démangeaison.

Comment procéder

  • Au moyen d’un miroir dans une main, assoyez-vous les jambes écartées et à l’aide de votre main libre, séparez les grandes lèvres, soit les lèvres externes du vagin en exposant l’orifice du vagin.
  • Vérifiez tout changement visible au niveau du mont de Vénus, soit la zone au-dessus du vagin, où se trouvent les poils pubiens. 
  • Examinez les petites lèvres, en écartant les petits plis de la peau entourant l’orifice de votre vagin, comme vous l’avez fait pour les grandes lèvres.
  • Vérifiez le périnée, soit la peau entre le vagin et l’anus.
  • Dernièrement, vérifiez la zone entourant l’orifice anal.
  • Si vous détectez quelque chose qui vous préoccupe, prenez rendez-vous avec votre médecin immédiatement. 

©Masexualité


Par Perceval Le Gallois - Publié dans : Médecine - Communauté : Media - Actualité générale
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil



«En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être.»

«Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin.»

«La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur.»
[ Carl Gustav Jung ]

Rechercher

 

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés