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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 15:00

Il existe deux variétés chez les diamants de Gould: ceux à tête noire et ceux à tête rouge.

Il existe deux variétés chez les diamants de Gould: ceux à tête noire et ceux à tête rouge. (Macquarie University)

Chez certains passereaux d’Australie, la femelle décide du sexe de ses rejetons en fonction de la tête de son partenaire.


Fille ou garçon ? Chez les diamants de Gould, passereaux d’Australie, il suffit de regarder la couleur de la tête des parents pour savoir s’il y aura plus de mâles ou plus de femelles dans la couvée. Si le père et la mère ont la même couleur (noire ou rouge), le rapport garçon/fille sera équilibré ; en revanche si le couple n’est pas assorti il y a aura au moins 80% de mâles, expliquent des chercheurs.

L’équipe de Sarah Pryke et Simon Griffith (Macquarie University, Australie) a en effet découvert que la femelle de cette espèce australienne (Erythrura gouldiae) pouvait influencer le sexe de ses rejetons selon la couleur de la tête de son partenaire. Les chercheurs ont observé la reproduction de 200 diamants de Gould (100 mâles et 100 femelles). C’est ainsi qu’ils ont constaté qu’il y avait 82% de mâles en moyenne dans la couvée lorsque les deux parents n’avaient pas la même couleur.

De fait, les rejetons issus de deux parents différents ont moins de chance de survie à cause des incompatibilités génétiques entre les deux variétés, précisent les chercheurs. Le taux de mortalité est plus élevé chez les femelles.

Afin de vérifier le rôle actif des femelles pour éviter ces problèmes, les chercheurs ont sortis leurs pinceaux. Modifiant la couleur de certains mâles, ils ont fait en sorte que des femelles s’accouplent avec un partenaire différent en pensant qu’il avait la même couleur qu’elles. Dans ces cas-là, le ratio mâle/femelle était équilibré mais le taux de mortalité était élevé chez les rejetons femelles. Ces travaux sont publiés dans la revue Science (datée du 20 mars).

Ce n’est pas la première fois que l’influence de la mère sur le sexe des rejetons est observée chez des oiseaux. Une autre étude avait suggéré que pour échapper à des parasites qui s’en prenaient aux œufs mais auxquelles les filles résistaient mieux, les roselins familiers avaient plus de femelles dans leur couvée lorsque le nid était parasité.




©Cécile Dumas.Sciences-et-Avenir.com
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 15:00

 

 

Le mâle roselin se distingue par ses plumes rouges. (Copyright 2005 Alex Badyaev)

Le mâle roselin se distingue par ses plumes rouges. (Copyright 2005 Alex Badyaev)

La femelle du roselin familier ne pond pas ses œufs au hasard. Ce passereau qui vit généralement dans des zones semi-arides choisit de donner naissance aux filles avant les garçons lorsque le nid est infesté par des parasites. Cette tactique permet de protéger les rejetons mâles, plus fragiles que leurs sœurs, expliquent le biologiste Alexander Badyaev (University of Arizona) et son équipe.

Le roselin familier (Carpodacus mexicanus) se reproduit une fois en hiver et une seconde fois au printemps. A cette période, les acariens hématophages Pellonyssus reedi s’en prennent au nid. Ils peuvent tuer les oisillons. Face à cette menace, l’oiseau s’est doublement adapté : primo la durée de croissance des oisillons est plus longue en hiver et accélérée au printemps. Secundo la femelle ne pond plus ses œufs au hasard à la belle saison : grâce à de subtils changements hormonaux elle engendre d’abord des œufs de sexe féminin puis des œufs de sexe masculin.

De cette façon, le roselin réduit de 12,5% la mortalité de ses rejetons mâles, ont évalué les chercheurs, qui publient leurs travaux cette semaine dans l’édition électronique des PNAS. Au final, les oisillons mâles qui grandissent au printemps ont la même taille que ceux qui sont nés en février.





©NouvelObs

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:58
Quand l'assurance de bonnes performances sous la couette passe par la cuisine, le contenu de certaines assiettes asiatiques a de quoi intriguer. Testicules de tigre, pénis de yak et cornes de rhinocéros sont consommés régulièrement en Asie de l'est, le plus souvent par des hommes et toujours avec le sourire. On y trouve une variété de plats aphrodisiaques assez importante; il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses.

Beaucoup de ces plats aphrodisiaques sont consommés en Chine. Ils tirent leur origine de la médecine traditionnelle de l'Empire du Milieu, qui n'a pas attendu le viagra pour prendre en main sa sexualité. La soupe d'ailerons de requins par exemple, ce plat tristement célèbre pour les conditions de pêche des requins, est consommé en Chine depuis des siècles.

L'aileron de requin serait efficace contre le vieillissement en plus d'être un puissant aphrodisiaque. La texture visqueuse de l'aileron permet de surcroit de préparer un délicieux potage épais et velouté sans ajout de fécule de maïs. Ce plat est aujourd'hui très cher, mais pas autant que ceux à base de corne de rhinocéros, l'autre célébrité de la médecine chinoise. Originellement, c'est au pénis de l'animal qu'étaient prêtées des vertus aphrodisiaques, mais de nos jours, c'est la corne qui est la plus prisée.

On la consomme réduite à l'état de poudre et saupoudrée dans les soupes ou sur les aliments. À près de 50'000 euros le kilo, gageons qu'elle est utilisée avec parcimonie.
Parmi les autres aphrodisiaques chinois, on compte également l'os de tigre (très cher), la chair de certains singes et, plus récemment, la bile d'ours ou la soupe de nids d'hirondelles.

Pour les plus petits budgets, on trouve par exemple le balut aux Philippines. Le balut est un embryon de caneton d'environ 18 jours, consommé directement dans sa coquille. Pas cher et très riche en protéines, il est généralement vendu dans la rue et consommé par les jeunes philippins. Il se prépare facilement, comme un oeuf dur, et se mange encore chaud avec une pincée de sel. Le balut gagnant en popularité, notamment auprès des touristes, on le retrouve de plus en plus dans des plats plus sophistiqués, servis dans les restaurants.


Si vous voyagez en Corée du sud, vous aurez peut-être l'occasion de goûter du bosintang, célèbre soupe de chien. 10'000 tonnes de viande de chien sont cuisinées chaque année. En Corée du sud, c'est la quatrième sorte de viande la plus consommée.

Le bosintang est une préparation à base de chien bouilli et de pâte de soja à laquelle on rajoute, entre autres, oignons verts et poivrons. La soupe n'est qu'une des dizaines de façon de préparer de chien. On peut le faire griller, le consommer en purée, sous forme de sauce ou de boisson et même le trouver en conserve dans les supermarchés.
Souvent, les chiens sont torturés juste avant d'être abattus. Leur viande se charge ainsi en adrénaline, ce qui lui donne ses vertus aphrodisiaques.

Autre mastodonte de la cuisine aphrodisiaque, la soupe de pénis de tigre est un plat très prisé à Taiwan, en Chine et en Corée. Mais sa consommation n'est toutefois pas très répandue car réservée à une clientèle haut de gamme (comptez 300 euros le bol). Outre le pénis, les testicules et la queue de l'animal sont aussi consommés comme aphrodisiaque.
Les "bourses plus légères" devront se rabattre sur des soupes à base d'organes génitaux d'autres animaux comme le yak ou le taureau.

Au Vietnam, c'est le sang de serpent qui remplace la pilule bleue. Plus l
e serpent est venimeux, plus il est prisé. Le sang, ou même le coeur de l'animal, est bu cul sec, mélangé à de l'alcool de riz.
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:36

(Agence Science-Presse) – Attention, âmes sensibles. Des chercheurs soulèvent un épineux problème, dont l’intérêt public est indéniable, mais il n’y avait vraiment qu’eux pour oser poser pareille question : pourquoi les bijoux de famille pendouillent-ils?


On se demande vraiment comment Darwin aurait réussi à expliquer ça. Parce que, eh bien oui, la réponse réside dans l’évolution. Donc, si le langage cru de l’évolution vous choque, arrêtez votre lecture ici.

À l’origine, il y a « l’unité de refroidissement » que représente le sac contenant les bijoux en question : la théorie courante veut que son utilité soit de maintenir son contenu à une température plus basse que s’il était entreposé à l’intérieur du corps.


Mais voilà que Gordon Gallup, psychologue de l’évolution —c’est vraiment son titre— à l’Université d’Albany —la capitale de l’État de New York, pas le pays— effectue une greffe sur cette théorie. Parce qu’il sert de frigo, le sac serait du même coup un outil « d’activation » : lorsque les millions de petites bestioles de l’organe mâle quittent leur frigo pour pénétrer l'antre, elles affrontent une soudaine hausse de température qui... les active! Un réveil après une longue hibernation, en quelque sorte.


Ça explique en partie pourquoi la nature a placé cette partie si vitale de l’anatomie en un endroit si vulnérable : d’un point de vue évolutif, c’est tout simplement plus efficace. Encore que ça n’explique pas pourquoi, parmi les mammifères, l’humain est un des rares à afficher aussi ouvertement ses bijoux de famille : chez la plupart des autres, ils sont soigneusement cachés, et nos cousins ne s’en portent pas plus mal.


Alors pourquoi avons-nous évolué de cette façon? Une théorie veut que ce soit l’équivalent des plumes du paon. On vous laisse méditer là-dessus.


Une autre théorie , défendue dans la dernière édition de Evolutionary Psychology par Gordon Gallup et ses collègues, et à vrai dire plus solide —avouez qu’il est difficile de trouver quelque équivalence entre les variations de couleurs du paon et nous!— veut que la façon dont le sang irrigue le « sac » d’un côté et le quitte de l’autre, a pour conséquence un entreposage au froid de meilleure qualité. Et comme on vient de le lire, la différence de température est un facteur-clef.


Comme quoi la nature est bien faite, il se produit aussi lors du passage à l’acte quelque chose que vous n’avez peut-être pas remarqué, qui est une rétractation du sac vers le corps : là encore, cela permet de garder l’intérieur au froid, et de continuer d'avoir un choc thermique lors du passage.


Cette théorie pourrait même expliquer que nous soyons un des rares animaux à préférer le faire la nuit —ce serait une conséquence de la nécessité, pour le mâle, de garder ses petites bêtes au froid. L’expression « psychologie de l’évolution » a soudain plus de sens...
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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 18:00

S’appuyant sur l’anthropologie, l’histoire, la littérature, la psychologie, l’éthologie et la biologie, Sarah Blaffer Hrdy passe au crible les éléments génétiques et environnementaux qui constituent l’instinct maternel. Nos sociétés occidentales sont tentées de voir en l’instinct maternel un caractère au fondement de la féminité. Il en irait d’un prérequis naturel que la femme ressente pour sa descendance un sentiment d‘attachement pouvant aller jusqu’à l’altruisme sacrificiel.

Depuis les origines de la reproduction sexuée, l’existence des mâles est liée celle des femelles en tant que « matrices » de leur devenir. Parce que leurs comportements reproducteurs sont les premières conditions de la perpétuation de l’individu, les femelles apparaissent comme de véritables « petits soldats » de l’évolution, toutes entières dévouées à la production d’une descendance. Elles auraient ainsi comme seule et unique fonction de porter la vie et de l’amener à son aboutissement.

En est-il vraiment ainsi ? La croyance en des mères qui s’occuperaient « naturellement » de leur descendance – c’est là un des idéaux les plus chers en Occident, ainsi qu’un point de vue largement accepté dans l’univers scientifique – est devenue ces dernières années de plus en plus controversée. Au vu d’une étude plus précise de nos comportements et de ceux de nos cousins animaux, l’instinct maternel n’apparaît pas si évident ni si simple. Derrière un « sentiment » apparemment universel se cache une dimension biologique complexe, ainsi qu’une attitude s’analysant en termes de stratégies reproductives.

Maternité et évolution
Sarah Blaffer Hrdy est anthropologue et sociobiologiste. Américaine, elle est membre de l’Académie Nationale des Sciences et professeur émérite à l’Université de Californie-Davis. Dans Les instincts maternels (Mother Nature. A History of Mothers, Infants and Natural Selection), elle nous propose un voyage dans le temps, à la découverte de notre passé historique et évolutionnaire, en s’attachant à répondre à ces questions :

> Qu’entendons-nous par « instinct maternel » ?
> Si les mères aiment naturellement leurs enfants, pourquoi tant de femmes à travers les âges et les cultures ont contribué directement ou indirectement à la mort de leurs nourrissons ? Comment comprendre alors la discrimination qui s’opère au sein d’une même descendance ?
> Comment la sélection naturelle a-t-elle abouti, chez les humains, à un nombre d’enfants dépassant largement les capacités de les élever ?
> Puisque les pères partagent la même proportion de gènes avec leurs enfants que les mères, pourquoi ne sont-ils pas plus attentifs à leur progéniture ?
> Si les pères se montrent indifférents ou peu attentionnés vis-à-vis des nourrissons, pourquoi manifestent-ils un tel intérêt aux problèmes de reproduction des femmes ?
> Quels sont les réels besoins des nourrissons et comment mettent-ils en place des stratégies pour se faire aimer ?

Apprentissage chez les langurs
Sarah Blaffer Hrdy nous montre que des comportements que nous pouvons rejeter – voire « oublier » – dans certaines cultures du monde (dont la nôtre) tels le contrôle des naissances, l’infanticide, l’adoption ou l’appel à des aides extérieurs (alloparentalité) ne sont en aucun cas des erreurs ou des « maladaptations » évolutives. Car « Mère Nature » n’est pas vraiment concernée par notre morale. Tour d’horizon des principales révélations de cette somme dérangeante.

En 1971, Sarah Blaffer Hrdy part en Inde étudier les langurs. Ces singes herbivores, sociables, dévoués à leur progéniture, passent pour des animaux plutôt pacifiques. Or, à cette époque, le biologiste japonais Sugiyama vient de publier une étude selon laquelle les langurs commettent des infanticides. Pendant neuf ans, Sarah Hrdy étudiera en détail ce comportement « contre-intuitif ».

Pour les primatologues de l’époque, un tel comportement s’expliquerait par les troubles induits par la présence humaine dans l’environnement naturel des langurs comme la réduction de leur espace sauvage. Pour Hrdy, la vérité est toute autre : « J’ai étudié les langurs dans toute une gamme d’habitats, du village à la forêt, avec différentes densités de population. Il est apparu clairement que les attaques contre les bébés langurs n’étaient pas des actes de violence au hasard commis par des animaux stressés. Les petits n’étaient jamais attaqués par des mâles susceptibles d’être leur père, mais toujours par des individus extérieurs au groupe reproducteur, qui prenaient le contrôle de ce groupe en évinçant le mâle résident. D’une manière implacable et délibérée, les nouveaux venus traquaient les mères de petits non sevrés et les attaquaient. »

Femelles sélectives et non passives
Le plus étrange semblait la réaction des mères agressées. Une fois leur petit éliminé, ces dernières devenaient réceptives à de nouvelles copulations et sollicitaient les nouveaux venus. Le viol n’existant pas chez les langurs – le mâle ne copule jamais sans y avoir d’abord été invité par la femelle –, pourquoi les mères récompenseraient-elles ainsi les tueurs de leurs propres enfants en acceptant de se reproduire avec eux ?

Pour expliquer ce fait, Sarah Hrdy devra abandonner tous les clichés sur la maternité. A commencer par l’idée répandue chez les éthologistes que les femelles sont sexuellement passives. Il peut arriver qu’une guenon langur s’accouple avec un envahisseur alors qu’elle est déjà enceinte. En faisant cela, elle protège sa descendance puisqu’un mâle n’attaque jamais une femelle avec laquelle il s’est accouplé (il risquerait ainsi de compromettre la menée à terme de sa propre descendance). De même, des guenons en mauvaise santé ou devant faire face à un grave danger peuvent très bien abandonner leurs petits à une mort certaine.

Cependant, la maltraitance des primates n’est pas non plus un fait universel. Il arrive en effet que face aux attaques répétées d’un mâle nouveau venu sur son petit, une femelle gorille ou langur choisisse de quitter le groupe auquel elle est attachée le plus souvent depuis sa naissance. Sarah Blaffer Hrdy a observé certaines femelles partant avec leur petit à la suite du mâle évincé et de ses frères et essayant de solliciter une garde de leur part. Il arrive même que, lorsque le petit est tout juste sevré, que la mère le laisse effectivement aux bons soins de son père et de ses oncles et revienne dans son groupe d’origine. Par la multiplicité de leurs comportements maternels, les mères langurs choisissent ainsi la stratégie la mieux adaptée à l’impératif de survivre et de se reproduire.

Le rôle des hormones
La prolactine est une hormone multifonctionnelle que l’on retrouve chez beaucoup d’espèces. Sécrétée par l’hypophyse, elle est présente chez les deux sexes. Elle conditionne par exemple le développement du pelage, des mécanismes de la puberté, le métabolisme des graisses. Elle est aussi à l’œuvre dans la gestion du stress.

Partout où il y a des soins aux plus petits, on retrouve la prolactine. Par exemple, les taux de prolactine augmentent chez les hippocampes (mâles) en gestation. De même, les geais des broussailles, connus pour leur tendance à l’alloparentalité (un couple sans enfants peut apporter de la nourriture à des oisillons qui ne sont pas les leurs), ont un taux de prolactine supérieur à la moyenne quand ils se font les nourrices des nids voisins.

L’effet-prolactine sur le bébé et les parents
D’un point de vue général, plus les niveaux de prolactine sont élevés, plus les parents et les alloparents se montrent attentifs aux besoins des petits. Dans un mouvement de boucle rétroactive, le fait de s’engager dans des comportements de maternage fait produire à son tour à l’hypophyse de la prolactine supplémentaire. De même, ses effets sont cumulatifs : si une femelle allaite son petit et qu’elle se fait aider par une femelle cousine, ses taux de prolactine doublent. Selon une hypothèse, la prolactine aurait un effet euphorisant qui incite un individu à s’occuper d’un petit qui ne lui appartient pas plutôt qu’à l’attaquer. La prolactine est aussi à l’origine de la lactation chez les mammifères.

Sélectionnée par l’évolution, la lactation a apporté avec elle de nombreux agents chimiques responsables d’un sentiment d’intimité entre la mère et son enfant. Ainsi, l’ocytocine est produite en grande quantité aux lendemains de l’accouchement, au même titre que la prolactine. Ces hormones circulant dans l’organisme de la mère sont transmises par le lait à celui de l’enfant. Elles agissent comme un sédatif léger, qui provoque un sentiment de bien-être et de proximité. Autre cause des bons soins prodigués aux enfants (car la force des relations entre les sexes augmente la survie des nourrissons), la monogamie est elle aussi induite par la sensibilité de certaines espèces à l’ocytocine. Chez les campagnols monogames par exemple, les récepteurs cérébraux de l’ocytocine sont beaucoup plus nombreux que chez leurs cousins qui s’accouplent avec plusieurs femelles.

Stratégies des bébés et meurtres dans la fratrie
Les succès reproductifs humains – nombre et viabilité des enfants — ont accentué la pression sur les mères qui doivent composer avec leurs premiers enfants tout en respectant le bien-être de leurs nouveau-nés. Cela se vérifie chez bon nombre d’espèces.

Chez plusieurs espèces animales, la guerre se fait à l’intérieur d’une même fratrie. La foulque américaine, petite poule d’eau commune, est fort prolifique. Elle pond plus de douze œufs par couvée, alors que les deux parents ne pourront jamais subvenir aux besoins de l’ensemble : entre un tiers et la moitié des poussins mourront en bas âge.

Les petits foulques naissent très différents de leurs parents : les adultes ont des plumes sombres et un bec blanc, les petits sont recouverts d’un duvet orange vif, l’extrémité de leur bec est rouge, leurs yeux sont entourés de papilles brillantes et le haut de leur crâne, dénué de plume, est d’un rouge vermillon. Des études ont montré que les petits les plus flamboyants sont ceux qui sont le mieux nourris par leurs parents et qui, logiquement, survivent plus que les autres.

Les espèces d’oiseaux à ponte différée connaissent bien le processus de sélection inter-fratrie. Les aigles pomarins, par exemple, qui pondent un œuf après l’autre, voient souvent l’aîné précipiter sans autre forme de procès le deuxième œuf du nid. Si les parents produisent des œufs surnuméraires comme garantie, les premiers-nés des oiseaux à ponte échelonnée ont souvent raison de la totalité des ressources ainsi mises de côté.

Chez les cochons, enfin, la première tétée est une véritable course à celui qui attrape la première mamelle : plus proche de la tête, elle est celle qui donne le lait le plus riche. Lorsque la fratrie grandit, on assiste à chaque tétée au même rangement des porcelets : de haut en bas, dans un ordre de poids décroissant. Là encore, l’avantage revient au premier.

Cependant, le fait d’être aîné est à double tranchant : plus privilégié, les aînés des espèces à portée multiple sont moins attentifs aux dangers de l’environnement. Ils sont souvent tués les premiers lors des attaques de prédateurs. D’autant qu’étant mieux nourris, ils sont plus alléchants…

L’infanticide n’est pas “contre-nature”
Admettre que l’infanticide peut-être un comportement adaptatif et non pathologique n’est pas chose facile. Pourtant, l’observation de nombreuses espèces animales prouve le contraire. Il n’est pas rare que des scarabées, des araignées, des poissons, des oiseaux, des souris, des écureuils, des chiens de prairie, des loups, des ours, des lions et des hippocampes soient à l’origine de la mort de leurs propres petits.

Il existe en effet une large gamme de situations dans lesquelles les mères font un choix dans leur portée, puis abandonnent ou dévorent certains jeunes. Il est encore moins rare que les petits soient la cible de mâles étrangers ou de femelles rivales. L’infanticide peut donc bien être une tentative de résolution des dilemmes posés par la reproduction. A niveau de ressources limitées, faut-il nourrir tous les petits ou privilégier les plus viables ? Quand l’allaitement retarde le prochain enfant et qu’un mâle plus fort se présente, faut-il privilégier la survie du déjà-né ou tenter de donner naissance à un nouveau petit plus fort que son frère en favorisant ainsi un meilleur avenir pour ses caractères ?

Chez l’homme aussi…
L’encéphalisation plus complexe des humains est à l’origine de comportements discriminatoires plus subtils – pour d’aucuns plus cruels. A leur naissance, le seul test de viabilité auxquels sont soumis les petits singes est leur capacité à se cramponner. Le bébé humain, lui, doit convaincre qu’il mérite de recevoir l’investissement nutritif, puis éducatif de ses parents, notamment en exhibant des traits de bonne santé (l’aspect potelé par exemple). Pendant les famines, il est fréquent que les mères « sélectives » privilégient les mieux-portants afin de garantir la survie de quelques-uns dans un environnement à ressources rares.

De même, des paradigmes culturels peuvent être à l’origine de discrimination au sein d’une même descendance. La discrimination des filles à l’avantage des garçons est un fait largement attesté dans toute l’histoire asiatique. En Chine, par exemple, on compte 111 garçons pour 100 filles alors que le sexe-ratio (rapport entre le nombre de garçons et de filles) moyen de la planète est d’environ 106 sur 100. Chez les familles ayant plus de cinq enfants, on arrive même à 125/100. Sur une population de plus de 1,2 milliard le fameux recensement de 1991 a rendu public un « déficit » en filles de plusieurs millions d’individus tout bonnement « disparues », pour certaines même « non-nées ».

Si l’on peut arguer d’une spécificité reproductive chinoise, les démographes s’accordent sur une élimination massive des filles à la naissance quand une détermination pré-natale du sexe de l’enfant ne conduit pas à l’avortement. On assiste aussi à ce genre de discrimination sexuelle dans des tribus montagnardes de Nouvelle-Guinée, en Amérique du Sud ainsi que dans l’ancienne Italie.

Des tests de viabilité du nouveau-né
L’histoire et l’ethnologie ne sont pas plus avares d’exemples de sélection des nourrissons.
Chez les Germains et les Scythes, les nouveaux-nés étaient plongés dans un bain glacé « de façon à les laisser mourir, comme ne valant pas la peine d’être élevé, un enfant ne supportant pas le froid » (Soranus, 98-138).

Dans certaines tribus d’Afrique, les bébés sont pendus par les pieds juste après l’accouchement pendant de longues minutes qui peuvent se révéler fatales. Dans l’Allemagne médiévale, le bébé malingre était considéré comme ayant été échangés avec le vrai, kidnappé par de mauvais esprits. On rencontre jusqu’à la fin du XIXe siècle ces cas de « bébés changés » : en 1877, accusés d’infanticide, un couple d’émigrant irlandais se défendit devant la justice américaine en invoquant ces traditions archaïques. 

A lire :
Sarah Blaffer Hrdy, Les instincts maternels, Payot, 623 p.
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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 15:00
Cérémonie de préparation à l'excisionL’excision ou les mutilations génitales féminines (MGF) est le nom générique donné à différentes pratiques traditionnelles qui entraînent l’ablation d’organes génitaux féminins. Bien que plusieurs justifications soient données pour le maintien de cette pratique, elle semble liée essentiellement au désir d’assujettir les femmes et de contrôler leur sexualité. En effet les hommes historiquement en sont les initiateurs, et ce sous le prétexte de préserver la fidélité des femmes.


On estime à 130 millions le nombre de fillettes et de femmes, à travers le monde, qui ont subi MGF et qu’au moins 2 millions de fillettes par an risquent de subir la procédure sous une forme ou une autre. Actuellement, les MGF sont pratiquées dans 28 pays africains de la région sub-saharienne ainsi que dans la partie nord-est de l’Afrique. Des rapports indiquent également la pratique sporadique des MGF dans certains pays du Moyen-Orient et dans quelques groupes ethniques de l’Inde et du Sri Lanka. Des communautés immigrées originaires de pays où les MGF ont cours, se livrent également à cette pratique.
Mais les interventions varient selon des facteurs tels que l’appartenance à un groupe ethnique et à une région géographique, l’OMS a regroupé les MGF en trois catégories :

 


Petit puzzle

Les types de mutilations sexuelles des fillettes :

On distingue 3 formes principales de mutilations sexuelles :
la plus courante est l'excision ou clitoridectomie. Elle consiste en l'ablation partielle ou intégrale du clitoris et des petites lèvres.


la forme la plus grave est l'infibulation, encore appelée "excision pharaonique". Lors de cette opération on procède tout d'abord à l'ablation du clitoris et des petites et grandes lèvres. La vulve est ensuite suturée à l'aide de catgut, de fils de soie ou d'épines. Seul un orifice étroit est ménagé pour l'évacuation de l'urine et l'écoulement du flux menstruel.
La sunna est la forme la moins "grave". Elle est souvent appelée aussi "excision symbolique". Elle consiste à couper la membrane du clitoris, ou à inciser le clitoris, ou bien encore à en couper le capuchon.

 


Petit puzzle Les conséquences de l'excision des fillettes :

Stop à l'excisionLa plupart des fillettes excisées sont marquées à vie dans leur chair et dans leur esprit. Nombreuses sont les victimes qui ne savent pas que leurs problèmes physiques et psychiques sont directement liés à l'excision. Elles ne peuvent oublier le traumatisme et la douleur. Beaucoup de petites filles décèdent des suites du choc, de la douleur insoutenable ou d'une hémorragie.


Nombre d'entre elles souffrent toute leur vie de douleurs chroniques, d'infections internes, de stérilité ou de dysfonctionnements rénaux. Chez les femmes ayant subi une infibulation, l'évacuation de l'urine et l'écoulement du flux menstruel ne se font que difficilement. Lors des accouchements, l'excision est à l'origine de graves complications, qui coûtent fréquemment la vie à la mère ou à l'enfant. Les rapports sexuels sont pour beaucoup de femmes - pour les hommes aussi d'ailleurs - une véritable torture.

 


Petit puzzle L'excision féminine, une tradition rituelle profondément ancrée dans les mœurs :

La mutilation de l'appareil génital féminin est un rite millénaire. On ignore cependant où et pourquoi il s'est développé. L'excision représente actuellement pour les fillettes, avec le mariage, la cérémonie la plus importante de leur vie : ce n'est qu'après s'être soumises au rite de l'excision qu'elles deviennent de jeunes femmes et qu'elles sont pleinement acceptées et reconnues dans la communauté. L'excision est un sujet tabou et les petites filles ne savent pas exactement ce qui les attend.


On leur fait miroiter une grande fête et beaucoup de cadeaux - la plupart ne se doutent pas des souffrances atroces qu'elles vont endurer. L'excision fait partie de la vie de beaucoup de communautés africaines, comme chez nous la communion ou la confirmation. Beaucoup de petites filles attendent avec impatience le jour de leur excision et sont par la suite très fières d'appartenir enfin à la communauté. Les raisons de l'excision diffèrent d'une région et d'une ethnie à l'autre. Beaucoup pensent à tort que l'Islam prescrit l'excision. Les femmes non excisées sont considérées comme impures et incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles. D'autres ethnies croient que le clitoris peut empoisonner l'homme ou l'enfant à la naissance. D'autres encore croient que le clitoris est un organe masculin qu'il convient de couper afin que la filletteStop à l'excision instrument devienne une femme à part entière. Les hommes refusent d'épouser des femmes non excisées.


Beaucoup d'entre eux croient que les femmes non excisées sont toujours adultères, que le clitoris retient le pénis prisonnier lors d'un rapport sexuel et que la pénétration est impossible chez les femmes non excisées.


L'excision est un sujet tabou, quiconque en parle se couvre de honte et jette l'opprobre sur toute sa famille. C'est pourquoi cette tradition n'est que rarement remise en question. La pression sociale et le risque de se faire exclure par la communauté sont tels qu'il est quasiment impossible pour les femmes de se rebeller contre les traditions. Durant toute leur vie, les femmes sont conditionnées pour servir la communauté et réprimer leurs envies.


 

Petit puzzle La situation en Europe :

Ce problème "africain", apparemment lointain, est devenu, avec l'immigration, une réalité en Europe : aujourd'hui à Paris, Rome, Stockholm, Amsterdam, Manchester Londres ou Berlin, l'excision est pratiquée illégalement. Et pas seulement dans la pénombre de chambres miteuses, mais aussi dans des cabinets de médecins. Par peur de sanctions, beaucoup de familles préfèrent faire exciser leurs petites filles pendant les vacances scolaires dans leur pays africain d'origine.


L’excision est considérée comme une mutilation grave et injuste dans les pays occidentaux, mais aussi par des organisations internationales telles que l’ONU, l’OMS et l’Unicef . Dans la plupart des pays occidentaux, elle est poursuivie et punie comme un crime grave. Il subsiste quelques régions du monde, notamment dans certains pays d'Afrique, où cette pratique reste tolérée au nom de la tradition. Toutefois, suite aux scandales internationaux que cette pratique génère, ces États ont tendance à la réprimer plus.

 


Petit puzzle La situation en France :

En France, la clitoridectomie a été préconisée à la fin du XIXe siècle par des médecins comme Thésée Pouillet (1849-1923), Pierre Garnier (1819–1901) ou Paul Broca (1824-1880) pour lutter contre l'onanisme (la masturbation).


On estime qu'au moins 30 000 femmes et fillettes excisées vivent actuellement en France. Différentes organisations avancent le chiffre de 10 000 à 20 000 petites filles originaires d'Afrique, exposées au risque d'excision.
 

La France est le seul pays d'Europe où l'excision a déjà donné lieu à plus de 20 procès. En raison du nombre élevé d'immigrants africains, l'excision est en France, depuis plus de 20 ans, un sujet épineux et toujours d'actualité.

Aujourd'hui l’excision constitue une atteinte à la personne. Elle entre dans le cadre des violences ayant entraîné une mutilation permanente, délit passible de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende dans le cas général. Lorsque la victime est mineure de 15 ans, cela devient un crime passible de 15 ans de réclusion criminelle, 20 ans si le coupable est un ascendant légitime (Art 222-9 et 222-10 du Code pénal). Une interdiction du territoire d’une durée de cinq ans peut également être prononcée (Art. 222-47 du Code pénal).

Cependant, souvent l'excision est pratiquée lors d'un retour au pays et donc hors du territoire national. La législation française fait cependant obligation aux soignants de dénoncer toutes agressions sexuelles sur mineur. Les médecins sont tenus au signalement des cas (même potentiels) de mutilation génitales féminines, même si ces derniers sont ou devraient être effectués hors du territoire français.

 


Petit puzzle Pays où l'excision se pratique :

En Afrique, on recense 28 pays où les mutilations sexuelles féminines sont pratiquées. La proportion de femmes excisées varie selon les pays.
Trois groupes peuvent être distingués (chiffres au début des années 2000 -source Afrik.com)
:

les pays où la grande majorité des femmes sont excisées soit plus de 85 % : Djibouti, Égypte, Éthiopie, Érythrée, Guinée, Mali, Sierra Leone, Somalie, Soudan.

les pays où seules certaines fractions de la population étant touchées et où 25 à 85 % des femmes sont excisées, proportion variant selon l’ethnie, la catégorie sociale et la génération : Burkina Faso, Centrafrique, Côte d'Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Kenya, Liberia, Mauritanie, Sénégal, Tchad.

les pays où seules quelques minorités ethniques sont concernées et où la proportion d’excisées est inférieure à 25 % : Bénin, Cameroun, Ghana, Niger, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo, Tanzanie, Togo.

Selon l’UNICEF, 13 pays africains disposent de lois réprimant les mutilations sexuelles féminines et autres types de violences faites aux femmes.


Bénin
Le Bénin n’a pas de loi spécifique sur le sujet, malgré une prévalence évaluée à 50 % des femmes du pays.

Burkina Faso
Au Burkina Faso, une loi interdisant les mutilations génitales féminine (MGF) a été promulguée en 1996, pour entrer en vigueur en février 1997. Auparavant, il existait déjà un décret présidentiel établissant un Comité national contre l'excision et prévoyant des amendes à l'encontre des personnes reconnues coupables d'excision sur des fillettes ou des femmes. La loi de 1996 a renforcé la répression. Depuis, plusieurs exciseuses ont été condamnées à des peines d'emprisonnement.

Côte d'Ivoire
En Côte d'Ivoire, une loi promulguée le 18 décembre 1998 prévoit que toute atteinte à l'intégrité des organes génitaux d'une femme, par voie de mutilation totale ou partielle, excision, désensibilisation ou toute autre pratique, si elle s'avère sanitairement néfaste, est passible d'une peine d'emprisonnement de un à cinq ans, et d'une forte amende (de 360 000 à deux millions de francs CFA). La peine est portée de cinq à vingt ans d'emprisonnement si la victime meurt des suites de son opération. Par ailleurs, si la procédure est effectuée par un médecin, il risque jusqu'à cinq ans d'interdiction de pratique professionnelle.

Djibouti
À Djibouti, les MGF ont été interdites par la révision du Code pénal du pays, entrée en vigueur en avril 1995. L'article 333 du Code pénal prévoit, pour les personnes reconnues coupables de ces pratiques, une peine d'emprisonnement de cinq ans et une amende de un million de francs de Djibouti.

Égypte
En Égypte, en décembre 1997, la Cour de cassation égyptienne a rendu un arrêt en faveur d'une interdiction gouvernementale des MGF, dans lequel il est stipulé que les contrevenants s'exposent à des sanctions criminelles et administratives. Il existe en outre un décret ministériel qui interdit ces pratiques. Malgré ces lois et décrets, les MGF se perpétuent encore en très grande majorité dans ce pays, même si certains comme Abou Shawareb en juillet 2005, ont décidé d'eux-mêmes de mettre fin à ces pratiques. Le Code pénal prévoit aussi des cas de « blessure » et de « traumatisme intentionnel ayant entraîné la mort », qui peuvent éventuellement être juridiquement applicables. On a relevé dans la presse au moins treize cas de personnes poursuivies sur la base des termes du Code pénal, notamment des médecins, des sages femmes et des barbiers, accusés d'avoir pratiqué des MGF ayant entraîné des hémorragies, des états de choc et des décès.

Ghana
Au Ghana, en 1989, le chef du gouvernement du Ghana, le président Rawlings, s'est formellement prononcé contre les MGF et les autres types de pratiques traditionnelles néfastes. L'article 39 de la Constitution du Ghana contient en outre des éléments visant l'abolition des pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé et au bien-être des personnes. Certains pensent que cette loi a, en fait, généré une migration des pratiques vers la clandestinité.

Guinée
En Guinée, les MGF sont illégales selon l'article 265 du Code pénal. Elles sont punies par une peine de travaux forcés à perpétuité et, si elles entraînent le décès de la victime dans un délai de 40 jours, le contrevenant s'expose à la peine de mort. Aucun cas de MGF n'a toutefois, à ce jour, été porté devant les tribunaux. L'article 6 de la Constitution guinéenne, qui interdit les traitements cruels et inhumains, peut aussi être interprété dans le sens de l'inclusion de ces pratiques, si un cas venait à être porté devant la Cour Suprême. L'un des membres de la Cour Suprême de Guinée travaille actuellement en collaboration avec une ONG locale, en vue d'insérer dans la Constitution guinéenne une clause spécifique interdisant ces pratiques.

Indonésie
En Indonésie, les autorités préparent actuellement un décret interdisant aux médecins et aux personnels paramédicaux toutes pratiques de MGF. Les MGF sont aujourd'hui encore très répandues en Indonésie. Azrul Azwar, le directeur général des affaires de santé du pays, a déclaré que « Toutes les structures de santé gouvernementales seront formées à relayer les informations concernant la décision d'interdiction et l'étendue du problème de la circoncision féminine.».

Nigeria
Au Nigeria, il n'existe aucune loi fédérale interdisant les pratiques de MGF. Les opposants à ces pratiques se réfèrent à la section 34(1)(a) de la Constitution de la République Fédérale du Nigeria de 1999, qui dispose qu'« aucun individu ne sera soumis à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants », pour en appeler à l'interdiction des pratiques de MGF sur tout le territoire. Un membre du parlement a élaboré un projet de législation en faveur de l'interdiction, mais ce projet n'est pas encore passé en commission.

Ouganda
En Ouganda, il n'existe aucune loi réprimant les pratiques de MGF. En 1996, toutefois, un tribunal a statué en faveur de la prohibition de ces pratiques, sur la base des termes de la section 8 de la Charte des Enfants, promulguée cette même année, qui rend illégal le fait de soumettre un enfant à des pratiques sociales ou coutumières néfastes pour sa santé.

République centrafricaine
En République centrafricaine, en 1996, le président a émis une ordonnance interdisant les MGF sur tout le territoire. Cette ordonnance a force de loi, et toute infraction à son égard est passible d'une peine d'emprisonnement allant de un mois à deux ans, et d'une amende de 5 100 à 100 000 francs centrafricains. Il ne semble toutefois pas que cette loi ait jamais été appliquée dans les faits.

Sénégal
Au Sénégal, depuis une loi promulguée en janvier 1999, les pratiques de MGF sont illégales au Sénégal. Le président Diouf a fait un appel solennel en faveur de l'arrêt de ces pratiques et de la législation les interdisant. La loi modifie le Code pénal en faisant des MGF des actes criminels, réprimés par une sentence pouvant aller de un à cinq ans d'emprisonnement. Un porte-parole du RADDHO (Rassemblement africain pour la défense des droits de l'homme) a déclaré dans la presse : « L'adoption de la loi ne se suffit pas en elle-même, car il est désormais nécessaire de la faire appliquer rigoureusement pour que les femmes en bénéficient. » Quelques femmes se penchent sur la question.

Somalie
En Somalie, il n'existe aucune loi nationale spécifique interdisant les MGF. Le Code pénal mis en place par le précédent gouvernement prévoit toutefois des clauses de « blessures », « blessures graves » et « blessures très graves », qui pourraient éventuellement être juridiquement applicables. En novembre 1999, le Parlement de l'administration du Puntland a approuvé à l'unanimité une législation rendant ces pratiques illégales. Il ne semble toutefois exister aucun cas de mise en application de cette loi.

Tanzanie
En Tanzanie, la section 169A de la Circulaire spéciale sur les crimes sexuels de 1998 interdit les MGF. Ces pratiques sont punies de peines d'emprisonnement allant de cinq à quinze ans, et/ou d'une amende ne pouvant pas excéder 300 000 shillings tanzaniens. Cette législation a débouché sur quelques arrestations, mais qui ne semblent pas avoir, jusqu'à présent, abouti sur des poursuites pénales.

Togo
Au Togo, le 30 octobre 1998, l'Assemblée Nationale a voté à l'unanimité une loi interdisant les pratiques de MGF. Les sentences prévues vont de peines d'emprisonnement de deux mois à dix ans, à des amendes de 100 000 à un million de francs togolais. Toute personne qui aurait connaissance de telles pratiques dans son entourage et qui n'en informerait pas les autorités, est passible d'une peine de un mois à un an d'emprisonnement, et d'une amende de 20 000 à 500 000 francs togolais.

Stop à l'excision (source : Walfadjdry)









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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 15:00



Les hommes qui se trémoussent avec autant d'aisance que John Travolta ou Patrick Swayze ont plus de succès auprès des femmes que les maladroits de la piste de danse. Ce constat culturel assez évident aurait aussi des implications d'un point de vue de l'évolution.

C'est ce que suggère une récente étude allemande de l'Université de Göttingen menée par Nadine Hugill et Bernhard Fink. Les chercheurs ont fait visionner à 25 étudiantes une quarantaine de vidéoclips mettant en scène des volontaires dansant sur la chanson Let me entertain You de Robbie Williams.

Les danseurs  - des étudiants eux aussi - étaient floutés afin que l'on ne voit pas leurs habits, ni leur carrure ou leur visage. On a également mesuré la force musculaire de chacun d'entre eux au préalable avec un dynamomètre. Après visionnage, les jeunes femmes ont noté les danseurs sur des critères de pouvoir de séduction et d'assurance.


 Résultat : les hommes qui ont reçus les meilleurs notes étaient aussi les plus costauds. Pour les scientifiques, le fait qu'une femme sache reconnaître les bons mâles reproducteurs par leur apparence physique est un avantage évolutif, explique la revue spécialisée New Scientist.



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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 20:05


On a longtemps considéré que les singes femelles jouaient un rôle de second plan dans la période de reproduction, laissant aux mâles le soin de leur faire la cour. Les observations recueillies depuis une vingtaine d'années bouleversent cette image : les femelles participent activement à la recherche d'un partenaire, et manifestent une sexualité élaborée et plurielle.


Avant les années 1970, le comportement social des femelles a peu retenu l'attention des primatologues(1). Elles étaient étudiées en tant que mères ou en fonction de leur cycle reproducteur. Cela s'explique en partie par le fait que les mâles ont souvent un comportement plus visible, en particulier lorsqu'ils sont en compétition avec leurs congénères. Un certain dimorphisme sexuel entre les mâles et les femelles et le fait que les mâles possèdent souvent certaines caractéristiques comme des crocs redoutables ont sans doute attiré davantage l'attention des observateurs - qui, jusqu'aux années 1960, étaient des hommes pour la plupart.

 

L'analyse théorique a elle aussi introduit des biais. Depuis le livre de Darwin sur la sélection sexuelle(2), on peut diviser celle-ci en deux composantes : la compétition entre membres du même sexe pour accéder à des partenaires de l'autre sexe et la sélection des partenaires. Darwin soutient que la compétition intrasexuelle est principalement l'affaire des mâles, ce qui expliquerait qu'ils aient développé chez plusieurs espèces animales des armes redoutables afin de mieux combattre leurs adversaires: «... L a taille, la force et le courage plus grands du mâle, son caractère belliqueux, ses armes offensives spéciales, et ses moyens particuliers de défense, ont tous été acquis ou modifiés par cette forme de sélection que j'appelle la sélection sexuelle (3)»


La compétition entre les mâles pour l'accès aux femelles résulterait également chez les mammifères de l'anisogamie, c'est-à-dire du fait que mâles et femelles produisent des gamètes de grosseur et de quantité différentes. Alors que les mâles produisent beaucoup de spermatozoïdes, les femelles donnent un seul oeuf par cycle, beaucoup plus gros que les gamètes mâles. De plus, contrairement aux mâles, les femelles ne peuvent concevoir que pendant une durée limitée : la période ovulatoire, qui varie de quelques heures à quelques jours par mois selon les espèces. Chez certaines espèces, cette durée s'étend à toute une saison de reproduction, mais reste limitée dans l'année. Dans tous les cas, les périodes d'allaitement agissent comme un contraceptif naturel. Le plus souvent, dans un groupe de singes où cohabitent plusieurs femelles, seules quelques-unes sont en période ovulatoire. Les mâles jouissent enfin d'un potentiel de reproduction plus élevé que les femelles : ils peuvent avoir un nombre beaucoup plus grand d'enfants. Les femelles portent généralement un petit à la fois ; certains Callithricidés* peuvent en porter deux. Au cours de leur existence, les femelles ne produisent donc que quelques petits.


Selon Richard W. Wrangham(4), le seul facteur limitant la reproduction des mâles est le nombre de femelles, alors que pour celles-ci c'est la quantité de nourriture qui importe. Une bonne alimentation est essentielle au maintien d'un cycle régulier, à une grossesse normale et à un allaitement de qualité. Les femelles macaques de haut rang ont plus facilement accès à une alimenta-tion de qualité, se reproduisent plus tôt que les femelles subordonnées et leurs filles atteignent la puberté plus jeunes. Plusieurs recherches tendent à montrer que la compétition entre femelles pour l'accès à une alimentation de qualité est vive chez différentes espèces. La compétition entre les femelles peut aussi s'étendre aux comportements sexuels. Empêcher une rivale de se reproduire réduit du même coup la compétition pour la nourriture.

Darwin était convaincu que les femelles jouent un rôle déterminant dans la sélection de leurs partenaires : « L'exercice d'un certain choix de la part de la femelle paraît être une loi aussi générale que l'ardeur du mâle(5) » . Cela expliquerait que des traits apparemment nuisibles à la survie des mâles et ne servant pas à la compétition intrasexuelle, comme le plumage coloré des oiseaux, se soient développés. En exerçant leur choix, les femelles avaient fait augmenter la fréquence de ces traits parmi les mâles. Darwin écrit aussi que certains traits des mâles peuvent servir à la compétition intrasexuelle et, en même temps, les rendre plus attirants auprès des femelles. De fait, les mâles de plusieurs espèces de singes possèdent des attributs absents chez les femelles et qui se développent à la puberté. Les mâles orangs-outans possèdent par exemple des disques faciaux autour du visage et les mâles gorilles une crête sagittale. On ne peut en conclure pour autant que les mâles n'exercent aucun choix lorsqu'ils s'accouplent. Chez les babouins anubis, par exemple, les mâles adultes préfèrent s'accoupler avec les femelles adultes et délaissent les femelles adolescentes(6). Les premiers cycles des jeunes femelles sont généralement sans ovulation.


Robert L. Trivers a enrichi la théorie de la sélection sexuelle de Darwin en introduisant la notion d'investissement parental(7). Selon lui, les membres du même sexe qui s'occupent le plus de leurs rejetons (les femelles chez les primates) sont aussi les plus prudents dans le choix de leurs partenaires. Les femelles singes doivent supporter le poids de la grossesse qui varie de 145 jours chez les marmousets à 264 jours chez les gorilles(8), de l'allaitement, et d'une période de dépendance des petits qui sera d'autant plus longue que ces espèces sont proches de l'espèce humaine. Parmi les grands singes, cette période peut s'étendre sur plusieurs années. Etant donné le temps et l'énergie qu'elles investissent dans chacun de leurs petits, les femelles devraient donc montrer une plus grande prudence dans le choix de leurs partenaires.


Une femelle qui s'accouple avec un mauvais partenaire et qui avorte spontanément ou qui met au monde un petit handicapé peut perdre un temps précieux pour la reproduction. Ainsi, la théorie de la sélection sexuelle, de même que la notion d'investissement parental nous prédisent donc que les femelles devraient avoir un comportement sexuel plus prudent que celui des mâles. Les chercheurs ont cependant peut-être conclu trop rapidement qu'elles étaient passives lorsque venait le temps de

se trouver un partenaire. Darwin avait d'ailleurs écrit « Divers faits que nous citerons plus loin, et les résultats qu'on peut attribuer à l'intervention de la sélection sexuelle, nous autorisent à conclure que la femelle, comparativement passive, n'en exerce pas moins un certain choix et accepte un mâle plutôt qu'un autre. Certaines apparences nous portent parfois à penser qu'elle accepte, non pas le mâle qu'elle préfère, mais celui qui lui déplaît le moins(9). »


Le comportement des femelles varie beaucoup d'une espèce de singes à l'autre. Les organisations sociales diffèrent. Chez les gibbons se forment des couples monogames. Les individus vivent en petites unités familiales au sein desquelles mâle et femelle entretiennent des relations égalitaires. Les orangs-outans ont un mode de vie plus solitaire. Des relations entre mâle et femelle s'établissent lors de la reproduction mais se relâchent ensuite. Plusieurs espèces vivent dans des groupes composés d'un seul mâle et de quelques femelles. C'est le cas des gorilles et des babouins hamadryas. Certains de ces groupes sont composés d'un noyau de femelles apparentées, comme chez les géladas. Le mâle adulte du groupe y demeure tant qu'il n'est pas surclassé par un mâle vivant en périphérie. Chez les gorilles des montagnes, les femelles ne sont pas apparentées ; elles proviennent souvent de groupes différents. Enfin, les macaques, plusieurs espèces de babouins et de chimpanzés, vivent dans des groupes où cohabitent des membres des deux sexes.


Tandis que la vie en couple diminue la compétition pour l'accès à un partenaire, celle-ci s'exacerbe à l'intérieur d'un groupe comportant un seul mâle reproducteur quand plus d'une femelle se trouve en période ovulatoire. Pour signifier qu'elles sont en période réceptive, les femelles disposent de ressources variées. Chez les babouins, les chimpanzés et certains macaques, des enflures des régions ano-génitales se développent. Elles persistent jusqu'à l'ovulation puis elles se dégonflent rapidement. Elles ne sont parfois présentes que chez les jeunes femelles. Chez le gélada, on voit apparaître un chapelet de grains rouges sur la poitrine des femelles en oestrus.


Chez les macaques japonais, la coloration du visage devient rose très foncé. Les femelles en période réceptive dégagent aussi des phéromones qui signalent au mâle leur état physiologique. En l'absence de signes physiques précis, le comportement se transforme. Les femelles se font aguichantes, au point de provoquer la surprise des chercheurs(10). Chez plusieurs espèces, dont le macaque japonais, les femelles approchent les mâles de façon soutenue, présentant souvent leur postérieur, alors que les mâles sont plutôt ignorés en dehors de ces périodes. Chez les capucins bruns, les femelles suivent le mâle dominant en émettant des cris particuliers(11). S'il ne répond pas à leurs avances, elles vont courtiser d'autres mâles du groupe. Chez d'autres espèces, comme le chimpanzé et le magot, les femelles poursuivent les mâles de façon assidue et copulent successivement avec plusieurs d'entre eux.


Restée longtemps ignorée, la compétition entre femelles pour avoir accès à un partenaire est bel et bien présente. Parmi les espèces monogames, la compétition se développe entre mère et fille. Chez les gibbons, la mère devient de plus en plus agressive quand sa fille atteint la puberté et cela conduit finalement au départ de cette dernière(12). La simple présence d'une femelle adulte dans un groupe de tamarins semble inhiber l'ovulation de ses filles qui ne pourront se reproduire que lorsqu'elles auront quitté leur groupe natal(13). Dans les groupes unimâles (composés d'un mâle reproducteur et de quelques femelles), la compétition entre les femelles afin d'accéder au mâle reproducteur ou pour établir une relation privilégiée est omniprésente.


Les hiérarchies de dominance interviennent par ailleurs chez plusieurs espèces où mâles et femelles occupent une position sociale particulière. Elle peut être héritée à la naissance - surtout chez les femelles - ou acquise lors de combats - surtout chez les mâles. Les femelles de haut rang ont généralement un meilleur accès aux mâles. De plus elles entretiennent avec lui des relations étroites (proximité, toilettage) en dehors des périodes de reproduction. Dans les groupes de géladas, les nouvelles arrivantes doivent développer des relations avec la femelle dominante avant de pouvoir approcher le mâle du harem. Lors de leur période de réceptivité, les femelles subordonnées peuvent aussi adopter un comportement différent tel que vocaliser moins fréquemment, comme si elles tentaient de ne pas trop attirer l'attention(14).


Dans les groupes composés de plusieurs mâles et de plusieurs femelles, la compétition entre femelles se manifeste différemment. Chez les babouins de savane et les macaques, les femelles demeurent généralement dans leur groupe natal alors que, peu après leur puberté, les mâles émigrent. Le pivot du groupe est donc composé d'un noyau hiérarchisé de femelles apparentées. Cette hiérarchie est très stable. Les jeunes femelles héritent du rang maternel, les plus jeunes soeurs dominant les aînées grâce au soutien de leurs mères dans leurs premières années. Il suffit souvent aux femelles dominantes de s'approcher d'un mâle copulant avec une femelle subordonnée pour éloigner celle-ci. Chez les babouins de savane ce harcèlement est souvent perpétré en groupe, particulièrement lors de la période folliculaire qui précède la période ovulatoire, de même que lors des premier et dernier trimestres de la grossesse par des femelles elles-mêmes enceintes ou en période de réceptivité(15). Les chercheurs interprètent ces attaques comme visant à limiter la compétition pour l'accès à la nourriture et favoriser sa propre progéniture.


Les femelles singes ne s'accouplent pas seulement pour procréer. Chez le bonobo, les relations sexuelles se pratiquent à l'année longue. Chez le macaque japonais, le magot et les vervets, les femelles enceintes peuvent copuler nonobstant leur état. En période d'instabilité sociale, on observe des cas de « pseudo-oestrus » qui peuvent aussi survenir chez certaines espèces. Chez les langurs (P resbytus E ntellus ) par exemple, lorsqu'un nouveau mâle s'empare d'un harem, des mères allaitantes se rendent disponibles, apparemment pour éviter qu'il tue leur enfant.


L'homosexualité des femelles a pu être observée, à des fréquences variables, chez 28 espèces de singes (sur environ 147 espèces). Elle se retrouve dans toutes les familles de singes(15). Ces femelles ont aussi des rapports sexuels avec des mâles. Plusieurs chercheurs du Laboratoire de primatologie comportementale de l'université de Montréal se sont intéressés à l'homosexualité des femelles chez les macaques japonais. Ce laboratoire abrite une petite troupe de ces singes qui, tout au long de l'année, circulent dans des pièces et des enclos extérieurs. Dans les pièces sont disposées des cordes et des planches de bois. Le sol est recouvert de copeaux de bois pressé. Des fruits, céréales et légumes y sont déposés chaque jour. Les animaux doivent donc chercher leur nourriture, ce qui occupe une partie importante de leur temps, comme en milieu naturel. Les femelles forment pendant la période de reproduction des « associations sexuelles » pouvant durer quelques heures ou quelques jours. Comme dans les associations hétérosexuelles, elles vont se toiletter mutuellement, manger, se suivre, demeurer en proximité et se monter.


Certains auteurs ont d'abord cru que les conduites homosexuelles étaient réservées aux jeunes femelles. Nous avons démontré que toutes les femelles sexuellement matures du groupe de Montréal les ont pratiquées, pas toujours à chaque saison de reproduction(16). On voit ici la nécessité de réaliser des études à long terme.


Les femelles subordonnées peuvent bénéficier d'une relation homosexuelle avec une femelle dominante et même changer de rang temporairement en formant une association avec celle-ci. Cette dernière pourra intercéder en sa faveur lorsque sa partenaire sera en conflit avec un individu de rang intermédiaire. Les associations homosexuelles engendrent donc des bénéfices temporaires pour les femelles de rang inférieur.


Paul Vasey, du laboratoire de Montréal, a toutefois démontré que pour celles-ci une association homosexuelle n'avait pas pour seul but d'obtenir des gratifications sociales de la partenaire dominante. Le taux de comportements homosexuels est particulièrement élevé chez les bonobos. Plusieurs auteurs, à la suite de Frans de Waal, ont été frappés par la vigueur de la sexualité de cette espèce. Ils sont nombreux à penser que cette intense activité sexuelle, tant homo qu'hétéro, réduit la tension dans certaines situations potentiellement conflictuelles.


Différentes hypothèses ont été proposées pour expliquer l'homosexualité femelle chez les singes. Aucune n'est totalement convaincante. L'homosexualité a été associée à des fluctuations hormonales à l'âge adulte ou pendant le développement prénatal. Une autre hypothèse est qu'elle contribue à l'apprentissage de la sexualité. Les recherches qui tentent d'expliquer ce comportement en termes de régulation de tension ne sont pas applicables à toutes les espèces.


En tout cas, l'image de la femelle passive doit être modifiée. Les femelles sont prêtes, comme les mâles, à entrer en compétition pour avoir accès à des partenaires sexuels, même si les méthodes sont différentes de celles des mâles et si elles s'affrontent moins souvent directement. Dans les groupes composés de plusieurs mâles et de plusieurs femelles, elles peuvent refuser les approches d'un mâle, tenter de séduire certains d'entre eux ou se dissimuler dans les buissons afin d'éviter un partenaire non désiré. Les mâles peuvent aussi les empêcher d'exercer leur choix en interférant dans leurs relations. Certains mâles semblent attirants pour certaines femelles mais pas pour d'autres, et un mâle de haut rang n'est pas nécessairement le partenaire favori. Chez les macaques rhésus qui vivent dans des groupes composés de plusieurs mâles et de plusieurs femelles, les mâles de bas rang ont souvent immigré depuis moins de temps que les mâles de haut rang et les femelles démontrent une tendance à les préférer(16). Elles sont aussi prêtes à prendre des risques pour rencontrer, à l'insu des autres mâles du groupe, des mâles peu familiers qui vivent en périphérie. Ces mâles représentent de bons partenaires biologiques, car ils ont moins de chances d'être de proches parents.


Il est possible que les femelles évitent les accouplements avec des individus qui sont leurs proches parents. Différentes recherches ont démontré que les singes manifestent très peu de comportements incestueux. Une analyse montre que l'évitement de l'inceste est principalement imputable aux femelles, alors que les mâles essaient volontiers de copuler avec leurs proches parentes. A la différence des femelles, les mâles investissent peu dans la progéniture et ont peu à perdre. Cette tendance à éviter les accouplements avec des individus apparentés se retrouve même dans les associations homosexuelles.


Les femelles ne forment généralement pas d'associations avec leurs soeurs, mère et filles. L'étude du choix des partenaires homosexuelles peut nous donner un aperçu des stratégies de reproduction des femelles, en l'absence des mâles. L'évolution pourrait avoir favorisé une tendance à préférer les partenaires non apparentés. D'autres hypothèses pourraient aussi expliquer pourquoi, chez différentes espèces de singes, les femelles ont plusieurs partenaires. En copulant avec plusieurs mâles, les femelles babouins de savane pourraient tenter de leur camoufler la paternité et les inciter à coopérer davantage à l'élevage des petits, en les protégeant contre des prédateurs ou contre des mâles étrangers(18).


Le choix des femelles n'est certes pas facile à étudier, car il dépend d'un ensemble de facteurs complexes comme leur âge, leur rang hiérarchique, leur expérience personnelle avec des mâles et d'autres traits dont nous ignorons probablement l'existence. Les critères que les femelles utilisent nous échappent sans doute en partie. Et aucune recherche n'a jusqu'à présent clairement démontré que ces choix ont une conséquence sur leur succès reproducteur(19).

(1) S.B. H'rdy, Des guenons et des femmes , Tierce, 1984.

(2) C. Darwin, La D escendance de l'homme et la sélection sexuelle , Éditions Complexe, 1981 (édition originale anglaise 1871).

(3) Ibid., t. II, p. 606.

(4) R.W. Wrangham, Social Science Information , 18 , 335, 1979.

(5) C. Darwin, op. cit. , t. I, p. 243.

(6) L.M. Scott, in M. Small (éd.), Female primates : studies by women primatologists , Alan R. Liss, New York, 1984.

(7) R.L. Trivers, in B. Campbell (éd.), Sexual selection and the descent of man , Chicago, Aldine, 1972.

(8) J.R. Napier et P.H. Napier, The natural history of the primates , Cambridge, The MIT Press, 1985.

(9) O p. cit., t. III, p. 243.

(10) M.F. Small, Female choices , Cornell University Press, 1993.

(11) C.H. Janson, Zietschrift für tierpsychologie , 65 , 177, 1984.

(12) D. Robbins Leighton, in B.B. Smuts et al., Primates societies , The University of Chicago Press, 1987.

(13) A. Wilson Goldizen, in B.B. Smuts, op. cit .

(14) R.I.M. Dunbar, Reproductive decisions , Princeton University Press, 1984.

(15) S.K. Wasser, A.K. Starling, American Journal of Primatology , 16 , 97, 1988.

(16) B. Chapais et C. Mignault, American Jal of Primatology, 23, 171, 1991.

(17) J.H. Manson, American Journal of Primatology, 37 , 285, 1995.

(18) F.B. Bercovitch, Animal behaviour , 50 , 137, 1995.

(19) M.F. Small, Yearbook of physical anthropology , 32 , 103, 1989.






©Christiane Mignault/LaRecherche

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 00:00

Pour obtenir des aliments ou la protection des mâles, les femelles gorille, babouin, chimpanzé ou bonobo développent d'incroyables stratégies de séduction. Peut-on pour autant parler de prostitution ?


C'est bien connu, la prostitution est le plus vieux métier du monde. Si cela consiste à livrer son corps aux plaisirs d'autrui pour de l'argent et d'en faire un métier, alors cette activité est aussi ancienne que les premières civilisations. Il faut du désir ou des frustrations tournées en désirs ; des personnes acceptant de louer leur corps pour une relation limitée ; un contrat et une monnaie d'échange. Si on se laisse séduire par un réductionnisme cynique, la prostitution apparaît avec les premières monnaies, le commerce du corps naissant avec le commerce. Nous retrouvons une question des origines de l'humanité : est-ce la société qui pervertit l'homme ou, au contraire, la société a-t-elle modéré les instincts de l'homme sauvage ? Un clin d'oeil coquin à la philosophie politique et à l'opposition séculaire entre le Français Jean-Jacques Rousseau et l'Anglais Thomas Hobbes.


Amener la prostitution dans le champ de la philosophie ne manquera pas de scandaliser la tradition des humanités bien pensantes, un dérapage de la pensée entre les péripatéticiens et les péripatéticiennes qui ne dépasse pas le bon jeu de mots. Pourtant la prostitution existe depuis l'édification des plus anciennes cités. Il suffit de se promener dans les ruines d'Ephèse, et d'ailleurs, pour remarquer sur le trottoir des dalles avec des empreintes gravées indiquant la direction du lupanar. Si on s'interroge sur les origines de la prostitution dans le cadre de la pensée philosophique classique, elle-même fille des rues et des cités, alors c'est un fait de civilisation. Mais qu'en est-il au-delà des murs de la cité, chez les barbares et autres sauvages et, pour notre propos, chez les animaux ?


Charles Darwin n'aborde pas la question de l'origine de la prostitution dans La Filiation de l'homme en relation avec la sélection sexuelle, publié en 1871. A sa décharge, il fallait déjà une sacrée dose de courage pour s'interroger, en pleine période victorienne, à la fois sur la question si polémique des origines de l'homme et de sa sexualité. Cependant, la démarche de Darwin s'applique sans réserve puisqu'il postule, avec tous les évolutionnistes, que tous les comportements humains reposent sur des fondements naturels.


Est-ce que l'on retrouve dans les espèces les plus proches de l'homme - plus particulièrement chez les grands singes que sont les chimpanzés, les bonobos, les gorilles et les orangs-outans - des services sexuels consentis contre des avantages ? Pour tenter de répondre à cette question il faut avoir des critères précis sur ce qu'est la prostitution. D'emblée, si l'argent doit intervenir, il est évident qu'il ne peut y avoir de prostitution avant l'invention de la monnaie ou d'un équivalent, à moins de payer en « monnaie de singe ». Autrement dit, est-ce que « coucher » contre un échange « en nature » tient de la prostitution ou non ? L'anthropologue évolutionniste ne peut pas aborder les fondements naturels possibles de la prostitution sans évoquer cette question, au risque de se voir empêtré dans ce que le philosophe écossais du XVIIIe siècle David Hume dénonce comme « l'erreur du naturaliste », une fausse argumentation qui se limite à considérer que si un comportement est dans la nature, il est soit bon soit mauvais pour la condition de l'homme. Donc, et afin d'être très explicite, on parle ici des échanges sexuels contre un avantage attendu ou négocié chez d'autres espèces que l'homme. Que des auteurs pensent qu'il s'agit là de prostitution ou non et, surtout, que cela peut participer aux divers débats sur la prostitution humaine, est laissé sous leur responsabilité intellectuelle.


Chez la très grande majorité des espèces, le sexe se limite à la période de reproduction. Les femelles libèrent des messages chimiques indiquant leur état fécondable, les phéromones, qui attirent les mâles. Quelques copulations plus tard avec un ou plusieurs partenaires, l'affaire est réglée. Rendez-vous après le sevrage du ou des petits, et ainsi va la vie. Il en va de même chez les singes à la réputation de lubricité solidement établie, tels les gorilles chantés par Georges Brassens. Pourtant, ceux-ci s'avèrent aussi sages que modestes sur les choses du sexe, les copulations étant sollicitées par les femelles sans recherche d'un avantage quelconque. Ce qui importe, c'est d'être sous la protection d'un mâle qui défend le groupe. Premier point, il ne peut pas y avoir échange d'un service sexuel contre un avantage si les femelles ne sont réceptives que lors de leurs rares périodes d'ovulation. Deuxième point, si une femelle est en oestrus copule avec des mâles différents, elle n'en tire aucun avantage, si ce n'est la tolérance et parfois la protection de ceux-ci pour son ou ses jeunes. La longue période de l'enfance jusqu'au sevrage n'implique aucune relation sexuelle.


Un autre aspect rarement compris concerne les stratégies sexuelles des femelles et des mâles. On lit qu'un mâle a d'autant plus de chance d'assurer sa descendance qu'il copule avec un grand nombre de femelles. Quant à ces dernières, elles subissent la loi du mâle qui aura été capable d'écarter les autres. Ce discours est d'autant plus répandu qu'il repose sur une méconnaissance totale de la diversité des stratégies de la reproduction et du sexe chez les singes. Que les mâles soient en compétition est une chose, que les femelles se laissent séduire par l'un ou l'autre mâle, si dominateur qu'il puisse être, en est une autre. Car si tout dépendait de la seule volonté du ou des mâles, il n'y aurait pas de prostitution puisque les femelles seraient soumises à leur seul pouvoir sans aucun échange ou avantage. Les femelles opèrent des choix sur le ou les partenaires, et le ou les élus doivent déployer bien des atours, la force n'étant pas la meilleure vertu.


Les babouins, à la réputation de mâles dominateurs, se révèlent d'habiles séducteurs. Un jeune adulte use de démonstrations physiques impressionnantes pour s'imposer auprès des autres mâles mais déploie des stratégies d'approche particulières pour séduire une femelle. Il la courtise en se montrant attentionné envers elle - même envers son enfant, dont il n'est pas le géniteur -, lui offre une jeune antilope et, au fil des mois, en fait une amie, puis une partenaire sexuelle privilégiée. Il ne s'agit évidemment pas de prostitution, mais d'un ensemble de comportements complexes avec des anticipations, des échanges d'attentions et des affects.


Chez les babouins de savane, comme chez toutes les espèces, les relations sexuelles se limitent aux périodes d'ovulation des femelles. Les exceptions sont très rares, comme chez les chimpanzés et les bonobos. Les femelles chimpanzés présentent une assez longue période de réceptivité sexuelle autour de leurs périodes de fécondation. Elles profitent de leur attractivité pour jouir de relations sexuelles avec plusieurs mâles et selon la tolérance du mâle dominant. Elles sont conscientes de l'envie qu'elles suscitent et s'en servent pour échanger leurs faveurs, pour obtenir des nourritures prisées auprès des mâles.


Chez les célèbres chimpanzés du zoo d'Arnhem en Hollande, j'ai filmé les négociations « sexe contre nourriture » entre une femelle - particulièrement appréciée - et le mâle numéro deux très entreprenant. La femelle poursuivit de ses assiduités ce mâle d'autant plus séduisant qu'il détenait deux noix de coco, qu'elle finit par obtenir contre plusieurs copulations. Une autre fois, c'était le mâle numéro un qui avait accaparé beaucoup de nourriture. La femelle se présenta devant lui. Il proposa de lui céder un tiers de ses réserves mais elle refusa. Il en proposa deux fois plus, elle refusa toujours. Il finit par tout offrir et il obtint ce qu'il désirait.


Ces deux scènes sont riches d'enseignement. Elles indiquent que les chimpanzés éprouvent du désir sexuel et du désir gourmand. Ils sont capables de comprendre l'autre et ses attentes. Non seulement ils attribuent de l'importance à ces menus plaisirs, mais ils savent les évaluer pour négocier des échanges sexe contre nourriture. Les femelles sexuellement réceptives s'autorisent des comportements parfois audacieux qui, en d'autres circonstances, seraient réprimés.


Les jeux du sexe interviennent aussi dans les intrigues de la politique. Le mâle dominant n'a pas toujours l'exclusivité sexuelle et, s'il s'efforce de contrôler l'accès aux femelles, celles-ci s'arrangent d'une manière ou d'une autre pour donner des rendez-vous galants au mâle qu'elles désirent. Le sexe intervient ainsi dans des marchandages subtils au sein des coalitions de mâles, un mâle dominant permettant à un second qui le soutient fidèlement d'accéder de façon privilégiée aux femelles réceptives, tout en empêchant les autres de le faire.


Lorsqu'on aborde les choses du sexe chez les grands singes, on évoque immanquablement les bonobos, surnommés les « singes kamasutra ». Ils font usage du sexe dans toutes les circonstances et dans toutes les combinaisons pour réguler les tensions sociales. Il n'y a pas de négociation sexe contre nourriture ou sexe et intrigues de pouvoir comme chez les chimpanzés. Pourtant, on évoque systématiquement les bonobos dans tous les sujets évoquant le sexe sous tous ses aspects et notamment la prostitution. Mais on n'a jamais observé chez eux de scènes comparables à celles décrites plus haut chez les chimpanzés avec tous les critères entrant dans un échange contre un autre avantage. Il arrive que, chez les bonobos, une femelle se donne pour obtenir de la nourriture ou un objet convoité ; mais les relations sexuelles sont tellement courantes dans cette espèce et en tellement de circonstances qu'il convient plutôt de parler de bonnes moeurs. Plus surprenant, les pingouins sont une autre espèce souvent citée pour ces pratiques. On est loin des bonobos, si ce n'est qu'ils partagent l'habitude de se déplacer debout. Une corrélation troublante qui ne permet pas d'associer les origines des bipédies à des moeurs péripatéticiennes.


Rechercher les fondements naturels possibles de la prostitution requiert avant tout une définition de ce qu'est la prostitution avec des critères précis. Pour qu'il y ait prostitution des femelles, il faut que celles-ci aient des périodes de réceptivités sexuelles étendues autour de l'ovulation ; qu'elles suscitent du désir qui ne soit pas soulevé par les seules phéromones ; qu'elles aient conscience de ce désir chez les partenaires potentiels ; que ces derniers acceptent de céder un avantage contre une relation sexuelle.

 La discussion se complique si on doit considérer la prostitution masculine. Dans l'état actuel de nos connaissances, certainement trop limitées, seuls les chimpanzés affichent des comportements s'apparentant à de la prostitution. Quelle ironie, puisque nombre de personnes préfèrent les bonobos en raison de leur légèreté sexuelle, allant même soutenir qu'ils sont plus proches de nous les hommes que des chimpanzés. Ces derniers se montrent bien plus près de nous sur cette question. Pour autant, il n'y a pas de quoi réveiller la honte des origines.
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Published by Perceval Le Gallois - dans Ethno-Anthropo-Etho-Logie
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 18:00


N'en déplaise aux romantiques, les complexes mécanismes de l'amour n'ont rien d'un miracle, mais relèvent d'un processus génétique ancestral qui permet d'assurer la pérennité de l'espèce.


Pour survivre, un enfant a besoin de ses deux parents: L'un subvient à ses besoins en chassant tandis que l'autre le surveille pour le tenir à l'abri des dangers. L’alchimie de l'amour entre les parents crée une addiction et les rend aveugles aux défauts de l’un ou l’autre : elle leur permet de rester ensemble pour la survie de l’enfant. Analyse en images...


La rencontre: Les hommes apprécient un ratio taille-hanche sexy, signe de fertilité. Les femmes, elles, sont attirées par les mâchoires fortes, correspondant à un taux élevé de testostérone. Inconsciemment, l'attraction s'exerce aussi par les odeurs, qui traduisent des informations génétiques concernant le système immunitaire. Les partenaires sont attirés naturellement par des odeurs correspondant à un système immunitaire différent du leur, ce qui permet de garantir une meilleure résistance à leur progéniture.


L'incertitude: Le niveau d'hormones liées au stress augmente. Paradoxalement, le stress augmente le besoin d'intimité et accélère le processus amoureux.


La concrétisation: Le système de récompense neuronal envahit le cortex de dopamine, effet similaire à celui d'une drogue addictive. Il se crée une forte association entre la sensation de plaisir et la personne, suscitant l'envie de la revoir encore et encore.


L'amour aveugle: Les régions du cerveau contrôlant le jugement social sont inhibées. Le partenaire apparaît comme idéal.


Le bien-être: Durant les premiers mois, les contacts intimes boostent la production d'ocytocine qui annihile l'agressivité, augmente la sociabilité et la confiance à autrui, liant ainsi les partenaires. Les sensations de plaisir sont prolongées créant une véritable dépendance.


L'amour maternel: C'est au tour du bébé de devenir le centre des attentions. C'est désormais lui la source du système de récompense neuronal.
Progressivement, l’activité du cerveau reprend son cours normal, débarrassée de l’excitation de la période amoureuse. Les récepteurs d’endomorphine sont désensibilisés, et n’induisent plus la dépendance de l’un à l’autre. Cette désensibilisation intervient quand l’enfant est capable de se débrouiller tout seul, vers 3 ans. Les partenaires se rendent alors compte des défauts de l'autre et beaucoup finissent par se séparer. Cette constatation est confirmée par les statistiques sur le divorce: C'est après 4 ans que le taux de divorce est le plus important.

©Squidd/LabêtesHumaines

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«En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être.»

«Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin.»

«La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur.»
[ Carl Gustav Jung ]